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La réponse tient surtout à un décalage entre le potentiel du groupe et sa cohésion réelle. Ce qui frappe, c’est la profondeur du groupe: il y a des cadres confirmés, des joueurs déjà installés dans de grands championnats, et des jeunes capables d’apporter de la vitesse et de l’imprévisibilité. La sélection peut donc varier ses plans de jeu sans perdre trop de qualité, ce qui est rare à l’échelle africaine. Mais une sélection ne gagne pas seulement avec du talent: il faut une identité de jeu stable, des automatismes, un cadre tactique clair et une gestion mentale solide.

Les causes principales
Le renouvellement du staff et les changements de sélectionneur ont perturbé la continuité sportive, ce qui casse les repères collectifs .
Un effectif jeune et dense ne garantit pas l’efficacité: sans hiérarchie claire, expérience partagée et complémentarité, le talent reste dispersé.

La pression du résultat est très forte en Côte d’Ivoire, ce qui peut fragiliser un groupe quand les premiers matchs tournent mal .
Dans plusieurs compétitions récentes, l’équipe a dû se qualifier ou se sauver dans la douleur, ce qui montre une fragilité structurelle malgré des pics de performance.
La performance de la sélection dépend aussi de la qualité de l’encadrement et du temps de travail ensemble, pas seulement de la valeur individuelle des joueurs.

Ce que montre la CAN 2023
La CAN 2023 a illustré ce paradoxe: l’équipe a commencé dans le doute, le sélectionneur Jean-Louis Gasset a été limogé pour résultats insuffisants, puis Emerse Faé a réussi à remettre le groupe dans le bon sens. Autrement dit, le problème n’était pas l’absence de talent, mais la manière de transformer ce talent en équipe performante.

En pratique
Pour qu’une sélection aussi fournie fasse mieux, il faut généralement trois choses: de la stabilité technique, une colonne vertébrale de cadres, et un projet de jeu répété sur la durée. Sans cela, une équipe jeune peut produire de très bons matchs, mais rester irrégulière sur une compétition complète.

Bambara Soudan

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