Depuis plusieurs semaines, de nombreux quartiers d’Abidjan font face à une accumulation inhabituelle d’ordures ménagères. D’Abobo à Yopougon, en passant par Koumassi, Treichville, Marcory et Port-Bouët, les dépôts de déchets se sont multipliés, alimentant les inquiétudes des populations, notamment en cette saison des pluies.
À l’origine de cette crise, les autorités évoquent principalement des difficultés techniques dans la chaîne de gestion des déchets, notamment au niveau du Centre d’enfouissement technique et de valorisation de Kossihouen. Ces perturbations ont ralenti l’évacuation des déchets collectés, provoquant un engorgement des points de regroupement. Selon l’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED), il ne s’agissait pas d’un problème de financement, mais d’une difficulté logistique et opérationnelle.
Face à cette situation, le gouvernement a ordonné une opération de grande envergure afin d’accélérer l’enlèvement des déchets. Des moyens humains et matériels supplémentaires ont été déployés, permettant d’évacuer jusqu’à 8 000 tonnes d’ordures par jour, contre une moyenne habituelle de 4 500 à 5 000 tonnes. Les autorités affirment que la majorité des principaux dépôts a été résorbée, même si des poches de résistance subsistent encore dans certains quartiers.
Abidjan produit chaque jour plus de 4 500 à 5 000 tonnes de déchets. Dès que la collecte est perturbée pendant quelques jours, les tas d’ordures deviennent rapidement très visibles.
Face à cette crise, le gouvernement a réuni une cellule d’urgence début juin et a annoncé des mesures pour rétablir le ramassage, tout en demandant aux entreprises concessionnaires d’accélérer les opérations de nettoyage. Les autorités ont également indiqué que des mesures correctives seraient prises afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise.
En pratique, même si la situation s’est améliorée dans certains secteurs, des quartiers continuent de connaître des retards de collecte, ce qui explique pourquoi des habitants constatent encore des amas d’ordures.
Au-delà de la crise actuelle, cet épisode met en lumière les défis structurels de la gestion des déchets dans une métropole de plus de six millions d’habitants, où l’augmentation de la population et de la production de déchets exige un renforcement durable des capacités de collecte, de transport et de traitement.
Stéphane Badobré
































