Le couperet est tombé. Après près de huit années de procédure, le Pôle pénal économique et financier (PPEF) a rendu, ce jeudi 30 juillet 2026, un verdict sans appel dans l’affaire QNET Africa Development Market (ADM). Le tribunal a ordonné la fermeture définitive de la société et l’a condamnée à une amende de trois milliards de francs CFA, estimant que ses activités relevaient d’un vaste système d’escroquerie.
L’affaire remonte à 2018, lorsque l’État de Côte d’Ivoire a décidé de faire la lumière sur les activités de QNET ADM. Le comité de suivi du ministère des Finances avait alors exigé de l’entreprise la production des documents attestant de la légalité de ses opérations. Cette initiative a marqué le point de départ d’une longue enquête qui a conduit au procès devant le PPEF.
À l’issue des débats, le 3 mars 2026, le parquet financier avait retenu les infractions d’escroquerie et de blanchiment de capitaux. Il avait requis cinq ans d’emprisonnement ferme et 10 millions de francs CFA d’amende contre chacun des huit prévenus.
Dans son délibéré, le tribunal est allé au-delà des seules réquisitions du ministère public. En plus de prononcer la fermeture définitive de QNET Africa Development Market, il a condamné plusieurs initiateurs de ce système en Côte d’Ivoire à cinq ans de prison ferme, assortis de lourdes amendes se chiffrant à plusieurs centaines de millions de francs CFA.
Le jugement prévoit également la confiscation de plusieurs biens ainsi que diverses peines complémentaires, traduisant la volonté du PPEF de frapper durement les auteurs de ce qu’il qualifie de vaste escroquerie organisée.
Cette décision marque une étape majeure dans la lutte des autorités ivoiriennes contre les réseaux de fraude financière et le blanchiment de capitaux, tout en envoyant un signal fort aux structures opérant en dehors du cadre légal.
Stéphane Badobré
































