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11 ans après avoir conduit la Côte d’Ivoire au sommet du football africain, Hervé Renard retrouve le banc des Éléphants. Le technicien français, artisan du sacre continental de 2015, revient avec une mission claire : redonner un nouvel élan à une sélection en quête de stabilité et de nouveaux exploits. Mais ce retour, salué par une partie de l’opinion, soulève aussi des interrogations sur les choix de la Fédération ivoirienne de football (FIF) et sur les défis qui attendent le « sorcier blanc ».
Le football a parfois le goût des retrouvailles. En rappelant Hervé Renard, la FIF fait le pari de l’expérience et de la mémoire d’un homme qui connaît parfaitement la maison ivoirienne. En 2015, il avait offert aux Éléphants leur deuxième étoile continentale, au terme d’une campagne restée gravée dans les annales. Son départ, quelques mois plus tard, avait laissé un sentiment d’inachevé chez de nombreux supporters.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Renard a poursuivi sa carrière sur plusieurs bancs prestigieux, tandis que la sélection ivoirienne a connu des fortunes diverses. Malgré le sacre historique à domicile lors de la CAN 2024, l’équipe nationale peine encore à installer une continuité technique et à se projeter sereinement vers les prochaines échéances.
Pourquoi revenir aujourd’hui ? La réponse tient autant au contexte qu’à l’ambition. Contrairement à l’épisode de la CAN 2024, où son contrat avec la Fédération française de football avait empêché son retour, Hervé Renard est désormais libre de s’engager. La FIF, elle, voit en lui un entraîneur capable de remettre rapidement de l’ordre, de renforcer la discipline et de transmettre une culture de la gagne.
Mais ce retour est aussi un pari. En football, les souvenirs ne marquent pas de buts. Le prestige d’hier ne garantit pas les victoires de demain. Le groupe a changé, les attentes sont immenses et le niveau du football africain s’est considérablement élevé. Renard devra composer avec une nouvelle génération de joueurs, reconstruire une identité de jeu et convaincre qu’il peut écrire un second chapitre aussi glorieux que le premier.
Au-delà de l’aspect sportif, cette nomination traduit également une volonté de la FIF de s’appuyer sur une valeur sûre à un moment où les résultats sont plus que jamais attendus. L’objectif est double : réussir les prochaines campagnes continentales et replacer durablement les Éléphants parmi les grandes nations du football africain.
Les supporters, eux, oscillent entre nostalgie et prudence. Beaucoup espèrent revivre les émotions de 2015, tandis que d’autres rappellent que le football ne se nourrit pas uniquement du passé. Hervé Renard revient avec un capital de confiance important, mais celui-ci devra rapidement être transformé en résultats.
Une certitude demeure : le Renard passe… puis repasse. Reste désormais à savoir si cette nouvelle aventure se conclura par un autre trophée ou si elle ne sera qu’un retour de plus dans l’histoire mouvementée des Éléphants. Car en Côte d’Ivoire, une seule chose compte vraiment : gagner. Et c’est désormais sur le terrain que s’écrira le verdict.

Stéphane Badobré 

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