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I. RÉPONSES DIRECTES AUX INTERVENANTS

1. Monsieur Ibrahima Ndiaye affirme :

« Cette leçon de morale il faut l’apprendre à Diomaye lui-même qui a affirmé œuvrer de toutes ses forces pendant dix ans pour élire Ousmane Sonko lequel réussit cette prouesse en 10 jours. »

MA RÉPONSE :

Cher Monsieur, ne confondons pas la stratégie électorale avec l’onction présidentielle.
Si Ousmane Sonko a réussi cette « prouesse » en 10 jours, c’est d’abord parce que le peuple sénégalais cherchait une issue que le destin a placée en la personne de Bassirou Diomaye Faye.

Dire que l’un a fait l’autre, c’est oublier que c’est le peuple qui fait le Président. La plupart des personnes qui votent n’appartiennent à aucun parti politique.
Le soutien de l’un à l’élection présidentielle ne crée pas un droit de propriété sur le mandat de l’autre.

En République, on ne rembourse pas une dette politique ou amicale avec les pouvoirs de l’État. C’est ce que disait Sonko, non ?

2. Serigne Modou FAYE écrit :

« Lors de la célèbre bataille de Badr… Allah dit : ‘Quand tu as jeté, ce n’est pas toi qui a jeté, mais c’est Allah qui a jeté’. Ousmane Sonko a été le sababe d’Allah pour élire Bassirou Diomaye. »

MA RÉPONSE :
Votre rappel de la bataille de Badr confirme précisément ma thèse : le Prophète (psl) n’était que l’instrument, car c’est Allah qui agit.

Mais attention : une fois que le « sababe » (la cause) a agi et que le choix divin est porté sur un homme, cet homme ne devient pas l’obligé de l’instrument, mais le serviteur de Dieu et de son Peuple.

Honorer un ami est un devoir privé, mais respecter le serment présidentiel est une obligation sacrée qui place Diomaye au-dessus de toute tutelle humaine.

3. Monsieur Bour Daly Ndiaye soutient :

« Allah ne met jamais un bulletin dans une urne. Il passe par la main de l’homme… Nanouy Goré té ragal Yallah ! »

MA RÉPONSE :
Vous avez raison : Allah passe par la main de l’homme. Mais n’oubliez pas qu’une fois le bulletin dans l’urne et le Président installé, le contrat change de nature. « Goré » (la loyauté) ne signifie pas trahir la Constitution pour faire plaisir à un mentor.

La vraie trahison de la volonté populaire serait de laisser le pays s’immobiliser par respect pour un homme, alors que le Peuple attend des résultats concrets pour son quotidien.

II. LE MYTHE DU « SABABE » FACE À LA RÉALITÉ INSTITUTIONNELLE

Que Monsieur Ousmane Sonko ait été un instrument du destin est une évidence politique. Mais en Islam comme en République, le « sababe » n’est pas le propriétaire du résultat.

Depuis le 2 avril 2024, le seul détenteur de la légitimité constitutionnelle est le Président de la République son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye.

Prétendre que le Président doit une soumission éternelle à son Premier ministre est une hérésie républicaine qui fragilise l’État.

La gratitude est une vertu privée ; la souveraineté est une charge publique.

III. GESTION DE LA PRIMATURE : LES QUESTIONS QUE SE POSENT TOUS LES SÉNÉGALAIS

Le Président Diomaye a accordé une confiance absolue à son Premier ministre Ousmane SONKO , allant jusqu’à le soutenir dans la thèse des « dettes cachées » et de bien regarder la chaise présidentielle, de la prendre même si il veut ! Il lui a donné tous les leviers de l’État jusqu’aux relations internationales, la diplomatie et les rapports avec les investisseurs.

Malheureusement, la gestion des affaires de l’État par le Premier Ministre Ousmane SONKO durant ces deux premières années n’est marquée que par des bras de fer finalement inutiles et improductifs parfois même illégaux surtout avec les partenaires financiers, les bailleurs de fond et les investisseurs dont la plupart ont fui le Sénégal.

Au-delà des discours, ces faits appellent une réflexion profonde :

– L’ÉLÉPHANT BLANC DES GR1NDES RÉFORMES SONKO :

Qu’est devenue la prometteuse « Route de l’Acier » ? Comment expliquer que de tels projets structurants semblent aujourd’hui à l’arrêt au profit d’une communication permanente finalement encombrante ?

– LE PARADOXE FINANCIER :

Le Sénégal emprunte massivement chaque mois sur le marché de l’UEMOA.
Mais où sont les chantiers visibles ? Si l’argent ne va pas dans les infrastructures, où est-il orienté ?

– LA FORTE PRESSION FISCALE SUR LE DOS DU GOORGORLOU : Pourquoi, malgré les promesses de soulagement, le contribuable voit-il les taxes augmenter sur les transferts d’argent, l’eau et l’électricité ? Est-ce là la seule réponse économique possible après deux ans de mandat ?

– L’HYPER-CONCENTRATION DES POUVOIRS :

Est-il normal, dans une République moderne, que l’essentiel des leviers financiers, fonciers et des grands projets soit rapatrié à la Primature du Sénégal plutôt que géré par les ministères sectoriels et les gérants traditionnels ?

Une gestion qui se veut « clean » ne devrait-elle pas s’ouvrir à une audition transparente pour lever ces doutes qui paralysent l’économie ?

IV. APPEL AU PRÉSIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE : REPRENEZ LE VOLANT !

Monsieur le Président de la République, votre loyauté envers votre ami Ousmane SONKO, personne n’en doute. Nous savons tous que cela vous honore, mais ne risque-t-elle pas de devenir le frein de vos ambitions pour le Sénégal ?

En laissant la Primature naviguer entre quiproquos et réformes incertaines, c’est votre propre bilan que vous exposez aux critiques et cela commence déjà avec vos propres alliés de PASTEF alors c’est le travail de leur mentor qui a lamentablement échoué.

Le Sénégal n’a pas voté pour un « Guide Suprême » mais pour un Chef de l’État.

Il est temps de mettre fin à cette dualité qui donne l’impression d’un mandat retardé.

Le peuple souffre, l’économie attend des signaux clairs, les bailleurs de fonds et les investisseurs attendent.

Monsieur le Président, reprenez les rênes, arbitrez pour le peuple et libérez l’institution présidentielle de toute ombre qui pourrait l’obscurcir.

Vive la République !

ME DIARAF SOW
Juriste Consultant
Président national du parti ADAE/J

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