Dans de nombreux pays à faibles ressources, les problèmes de santé des femmes restent souvent invisibles et passent inaperçus sous le poids de la stigmatisation sociale. Pour Aimée, 31 ans, cela signifiait vivre près d’une décennie avec une douleur qui a conditionné sa vie au quotidien.
«Tout a commencé environ un mois après la naissance de mon bébé», raconte Aimée. «J’avais mal au dos et au ventre. Quand la douleur s’est arrêtée, j’ai senti quelque chose gonfler dans mes parties intimes.»
Diagnostiquée avec un prolapsus utéro-vaginal (PUV), une affection dans laquelle les organes pelviens descendent dans le canal génital, Aimée a souffert d’un inconfort persistant, de douleurs et de complications de santé. Si le diagnostic pouvait expliquer ses symptômes, il ne lui donnait pas accès à un traitement.
L’histoire d’Aimée reflète une réalité plus large et sous-estimée. Des recherches scientifiques montrent que le PUV touche entre 2 % et 20 % des femmes dans le monde, avec une prévalence estimée à 19,7 % dans les pays en développement.
Pourtant, le fardeau réel est probablement encore plus lourd, car de nombreuses femmes ne signalent jamais leur état par honte, stigmatisation ou peur des conséquences sociales, ce qui amène à retarder ou éviter les soins.
«Comme cette pathologie n’est pas visible, certaines personnes pensaient que je mentais sur mon état», témoigne Aimée. «De l’extérieur, j’avais l’air en bonne santé.»
Son état l’a progressivement contrainte à cesser de travailler. Même les tâches quotidiennes, comme aller chercher de l’eau, porter des charges ou s’occuper de son foyer, sont devenues de plus en plus difficiles.
Après des années de douleur, une lueur d’espoir est apparue dans la vie d’Aimée à l’annonce radio de Mercy Ships offrant des soins chirurgicaux gratuits aux femmes souffrant de pathologies similaires à la sienne.
«J’étais tellement contente», déclare-t-elle. «J’ai immédiatement pensé que j’allais guérir.»
À bord de l’Africa Mercy®, Aimée a rencontré d’autres femmes qui partageaient des expériences similaires, chacune endurant une souffrance invisible, chacune aspirant à être entendue.
«Les problèmes gynécologiques sont comme n’importe quel autre problème médical», explique le Dr Jérôme Melon, chirurgien gynécologue bénévole. « Ils affectent la qualité de vie des gens. Et même si nous ne pouvons pas les voir, ils bouleversent profondément la vie des patients.»
L’opération d’Aimée a été un succès, mettant fin à cette pathologie qui avait marqué près de dix ans de sa vie. Au sein du service, les femmes ont partagé leurs histoires ouvertement, souvent pour la première fois, brisant le silence qui entourait depuis longtemps leur condition. Aujourd’hui, Aimée a choisi de s’exprimer afin de rompre la solitude des autres femmes qui souffrent.
«Je veux partager mon histoire», a-t-elle déclaré, «car il y a beaucoup de femmes comme moi qui ne savent pas vers qui se tourner pour obtenir de l’aide. Je veux qu’elles sachent que cette affection peut être traitée.»
Aimée ressent elle-même une différence profonde. Son espoir est clair: vivre pleinement sa vie de femme, de mère et de travailleuse, libérée du fardeau qu’elle portait autrefois en silence.
































