En marge du prestigieux salon international de la défense Eurosatory 2026, le vice-Premier ministre ivoirien et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a lancé ce mardi 16 juin 2026 un appel fort à une coopération renforcée entre les États dans la lutte contre le terrorisme.
Face à la persistance de la menace terroriste dans plusieurs régions du monde, notamment dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest, le ministre ivoirien a souligné qu’aucun pays ne peut, à lui seul, venir à bout de ce phénomène transnational. «La lutte contre le terrorisme ne peut pas être gagnée par un seul pays», a-t-il affirmé au cours d’un entretien accordé à l’AFP, insistant sur la nécessité d’une approche concertée impliquant les États, les organisations régionales et les partenaires internationaux.
Il a affirmé clairement que la Côte d’Ivoire est prête à reprendre sa coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso, malgré les tensions diplomatiques qui ont marqué les relations avec ces deux pays ces dernières années.
Selon lui, la menace terroriste impose une collaboration entre les États de la sous-région. Il a notamment regretté l’arrêt des discussions engagées avec le Burkina Faso pour la conduite d’opérations conjointes contre les groupes armés opérant dans les zones frontalières.

« Le terrorisme, tel qu’il se présente aujourd’hui, ne peut être vaincu par un État. Il faut une collaboration et une mutualisation des forces », a-t-il déclaré.
Cette déclaration intervient dans un contexte sécuritaire marqué par l’évolution des groupes armés terroristes, dont les modes d’action dépassent largement les frontières nationales. Pour le responsable ivoirien, le partage du renseignement, le renforcement des capacités opérationnelles des armées, la formation des forces de défense ainsi que la mutualisation des moyens constituent des leviers essentiels pour faire face efficacement à cette menace.
La participation de la Côte d’Ivoire à Eurosatory 2026 traduit également la volonté des autorités ivoiriennes de poursuivre la modernisation de leurs forces armées. Depuis plusieurs années, le pays a considérablement renforcé son dispositif sécuritaire, notamment dans les zones septentrionales exposées aux risques d’infiltration terroriste en provenance du Sahel. Si la Côte d’Ivoire n’a plus connu d’attaque terroriste meurtrière depuis 2021, les autorités restent vigilantes face à la présence de groupes jihadistes actifs à proximité de ses frontières nord. Près de 3 000 militaires y sont actuellement déployés.
Au-delà des équipements militaires présentés lors du salon, les échanges tenus à Paris ont permis de mettre en lumière l’importance de la coopération internationale dans la préservation de la paix et de la stabilité. Pour Téné Birahima Ouattara, la réponse au terrorisme doit être globale, associant actions militaires, développement économique, gouvernance et soutien aux populations vulnérables, souvent ciblées par les groupes extrémistes.

Le ministre a également rappelé que la stratégie ivoirienne repose autant sur le développement que sur l’action militaire. «La misère est un terreau facile pour le terrorisme», a-t-il souligné.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette déclaration constitue un signal politique important. Abidjan réaffirme sa disponibilité au dialogue et à la coopération régionale face à une menace qui ne connaît pas de frontières.
À travers ce message, la Côte d’Ivoire réaffirme son engagement en faveur d’une sécurité collective et d’une solidarité accrue entre les nations, convaincue que la victoire contre le terrorisme passe avant tout par l’unité des efforts et le renforcement des partenariats stratégiques.
Bambara Soudan
































