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Les chroniques de Rabindranath Tagore (première partie)

École ivoirienne : il faut reconnaître et saluer les efforts du Professeur Mariatou KONÉ

Les différentes crises militaro-politiques qu’a connues la Côte d’Ivoire, notamment celles de 2002 et 2010-2011, ont causé de nombreux dégâts humains et matériels. L’on note de nombreuses pertes en vie humaine, la destruction de biens matériels et d’infrastructures.

L’institution scolaire n’a malheureusement pas échappé à ces violences qui ont fait sombrer le pays.

Dès son accession à la magistrature suprême le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, a initié plusieurs actions en faveur du retour de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble.

Cependant, de véritables problèmes d’infrastructures scolaires et d’accès à l’éducation se posaient.
Pour pallier ces situations, l’État de Côte d’Ivoire a pris ses responsabilités en lançant un vaste programme de construction et de réhabilitation d’établissements (écoles primaires, collèges, lycées..) ; en procédant à des recrutements massifs d’enseignants dans le cadre du Programme Présidentiel d’Urgence.

Sous la direction de la Ministre Kandia CAMARA, des acquis notables ont été enregistrés dans divers domaines.
Il est important de relever le dynamisme et la célérité avec laquelle l’institution scolaire a pu être remise en marche, à la suite de la crise post-électorale de 2010 ; ce qui n’est toujours pas évident en pareille situation.

A la faveur de la formation du gouvernement du 6 avril 2021, il a plu au Président Alassane OUATTARA de confier les rênes de l’éducation nationale à la socio-anthropologue, Professeur Mariatou KONÉ, première femme Professeur titulaire d’anthropologie de Côte d’Ivoire.

Dès sa prise de fonction, elle a initié avec l’accord du gouvernement, les États Généraux de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation (EGENA). Ces consultations nationales qui se sont tenues aussi bien en présentiel que via une plateforme numérique, ont permis de faire le diagnostic du système éducatif ivoirien. Elles avaient également pour but d’identifier les acquis et de les renforcer, mais aussi de relever les insuffisances et d’apporter des solutions durables.

De la base vers le sommet, ces consultations étaient ouvertes à tous, sans distinction d’appartenance politique, ethnique et religieuse ; l’école étant l’affaire de tous.

Les EGENA ont généré 42 leviers transformateurs répartis en six (6) grandes composantes urgentes. Il est à noter que les recommandations des EGENA constituent la boussole pour la Côte d’Ivoire en matière d’éducation. Leur mise en œuvre a démarré avant et après l’adoption par le conseil des ministres du 3 mai 2023.

Les résultats des PASEC 2014 et 2019 avaient certes révélé des insuffisances à certains niveaux, mais il est important d’éclairer l’opinion sur le fait que la crise des apprentissages étant mondiale, c’est justement l’une des raisons qui ont conduit à l’organisation des EGENA.

En outre, l’on dénombre de nombreux acquis suite à la mise en œuvre des recommandations des EGENA. Cette mise en œuvre, qui est prévue se tenir à court, moyen et long terme, a bel et bien démarré contrairement aux allégations tendancières et mensongères des ennemis de la République et de certaines personnes de mauvais acabit.

Les résultats sont visibles et tangibles. J’en veux pour preuves :
La pacification de l’environnement scolaire, les congés anticipés et les violences sont désormais aux calendres grecques ;

L’amélioration du niveau et des résultats scolaires suite à la mise en œuvre du Programme National d’Amélioration des Premiers Apprentissages Scolaires (PNAPAS) ;

Le recrutement d’enseignants contractuels (professeurs de collège, de lycée et profeseurs bivalents) dont 2885 en 2025 sous Mariatou KONÉ ;
Le concours régionalisé d’entrée dans les centres d’animation et de formation pédagogique (CAFOP) ; plus de 30 000 instituteurs recrutés de 2021 à 2025 ;

L’ouverture de classes virtuelles afin de pallier les insuffisances d’enseignants dans certaines disciplines.

L’ouverture de classes passerelles dans les zones cacaoyères afin de scolariser le plus grand nombre d’enfants contraints d’accompagner les parents dans les travaux champêtres, et aussi de réinsérer dans le système formel, les enfants sortis trop tôt de l’école pour diverses raisons.

L’intensification des campagnes d’alphabétisation et la prise d’un arrêté faisant de toutes les salles de classe sur l’ensemble du territoire, des salles d’alphabétisation, une fois les cours terminés.

Le démarrage d’un vaste programme de construction et de réhabilitation d’infrastructures scolaires. Ce programme, qui fait suite à ceux réalisés depuis 2011, a démarré progressivement et se poursuit.
Toutes ces actions de construction et de réhabilitation d’écoles ont permis de réduire considérablement le nombre de salles de classe en matériaux de fortune, le nombre est passé de 19 197 à 7970 en 2023. Ce chiffre devrait encore baisser grâce à la construction de 4000 nouvelles salles de classe, renforçant ainsi l’accès à une école de qualité pour tous.

L’assainissement du secteur de l’enseignement privé à travers des mesures courageuses, notamment la délivrance des agréments, le recrutement et la formation d’enseignants qui y exercent, ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail (déclaration à la CNPS et autres) ;

La mise en œuvre du programme BONAMAS, un système de prêt-location de 8 manuels à 10 000 Fcfa au lieu de 50 000 FCFA minimum à l’achat.

La digitalisation du système éducatif est devenue une réalité sous Mariatou KONÉ, notamment avec la création du SIGE (Système d’Information et de Gestion de l’Éducation) et le renforcement du programme « Mon école à la maison », une plateforme de contenus didactiques pour les élèves, les parents d’élèves et les enseignants.
Autre réforme majeure , l’école inclusive qui permet aux élèves en situation de handicap d’être pris en charge par le système.

En sus, depuis 2011, l’État de Côte d’Ivoire a initié la distribution gratuite de kits scolaires aux élèves du primaire public, le renforcement de la fourniture en table-bancs.
La distribution gratuite de manuels dans le cadre du PRESEB .
Bref, les exemples sont légion. Les citer prendrait des semaines.

Que faut-il retenir ?
Le bilan de la Ministre Mariatou KONÉ est satisfaisant. Réussir en si peu de temps à remettre l’école ivoirienne sur les rails et avoir la reconnaissance des institutions internationales, n’est pas chose donnée. L’honnêteté intellectuelle et les valeurs morales exigent que les uns et les autres soient reconnaissants envers cette dame qui a tout donné dans tous les ministères où elle est passée. La reconnaissance est une vertu et elle est divine.

Ne restons pas cachés sous le feuillage pour manipuler l’opinion mais apportons plutôt notre pierre à la construction de l’édifice. Faisons-le dans la vérité et en toute responsabilité.

Le Président Félix Houphouët BOIGNY disait, et je cite « il est temps, grand temps que chacun à tous les niveaux s’interroge. Ai-je fait ? Bien fait ? Ce que je dois pour mon pays. » Notre devoir est aussi celui de contribuer à l’amélioration de l’offre éducative nationale par des critiques constructives, des contributions et un engagement citoyen.

J’ai dit.

Rabindranath Tagore
Avec Allons Avec Ado.

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