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Face à la recrudescence des opérations de remblayage et de dragage réalisées en violation des textes en vigueur, le gouvernement ivoirien a décidé de renforcer considérablement son dispositif de contrôle et de surveillance des domaines publics maritime, lagunaire et fluvial. Une note circulaire signée par le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, fixe désormais une série de mesures destinées à mettre fin à des pratiques jugées dangereuses pour l’environnement, la sécurité des populations et l’aménagement durable du territoire.
Selon le document officiel, les autorités ont constaté ces derniers mois une multiplication des remblais effectués sans autorisation préalable ou en méconnaissance des prescriptions techniques et environnementales. Ces activités ont notamment pour conséquences la dégradation des écosystèmes lagunaires, l’accentuation des risques d’inondation et d’érosion, l’occupation anarchique du domaine public ainsi que la perturbation des équilibres hydrauliques naturels.

Des mesures immédiates et fermes

Pour répondre à cette situation, le gouvernement ordonne l’arrêt immédiat de toutes les activités de remblayage ainsi que des opérations de dragage destinées au remblayage. Seules les opérations de dragage légalement autorisées pour l’approvisionnement en sable destiné à la construction et aux travaux publics pourront se poursuivre.
La circulaire prévoit également :
le renforcement des contrôles administratifs, techniques et sécuritaires sur les sites considérés comme sensibles ;
la saisie systématique des équipements et matériels utilisés dans les opérations illégales ;
la mobilisation coordonnée des administrations compétentes, des collectivités territoriales ainsi que des Forces de défense et de sécurité ;
la transmission rapide de toute information relative aux opérations de remblayage constatées sur le terrain ;
l’actualisation de la cartographie des zones remblayées ;
le renforcement de la surveillance des plans d’eau à l’aide de moyens modernes de contrôle et de suivi.
Un comité interministériel pour coordonner l’action de l’État
Afin d’assurer une meilleure gouvernance de ce dossier, le gouvernement a mis en place un comité interministériel chargé de l’examen, de la régulation et du suivi des opérations de remblayage sur l’ensemble du territoire national.
Le ministre chargé des Infrastructures a été désigné chef de file de ce comité. Sa mission consistera notamment à coordonner les actions des différents ministères concernés, à proposer des réformes administratives, techniques, fiscales et réglementaires et à veiller à l’application stricte des nouvelles mesures.
Un rapport assorti de propositions concrètes devra être transmis au gouvernement dans un délai de deux mois à compter de la signature de la circulaire.
Préserver un patrimoine national menacé
Cette décision gouvernementale s’inscrit dans un contexte de lutte accrue contre les occupations irrégulières des plans d’eau et du domaine lagunaire. Plusieurs missions de contrôle menées ces derniers mois dans le District d’Abidjan ont mis en évidence l’ampleur du phénomène et ses conséquences sur l’environnement, la navigation et la sécurité des populations riveraines. Les autorités rappellent que le domaine public maritime, lagunaire et fluvial constitue un patrimoine national protégé par le Code maritime ivoirien et que toute occupation ou exploitation demeure soumise à des autorisations strictement encadrées par la réglementation.

Par cette circulaire, l’exécutif entend ainsi mettre un terme aux pratiques illégales qui contribuent à la disparition progressive de certaines zones lagunaires et menacent l’équilibre écologique du pays. Le message est clair : la préservation des espaces maritimes et lagunaires est désormais érigée en priorité nationale, avec une tolérance zéro à l’égard des contrevenants.

Stéphane Badobré 

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