L’élection de Marie-Laure N’Goran à la tête de l’UNJCI ne constitue pas seulement un changement de leadership. Sur le plan journalistique et professionnel, ce processus électoral offre plusieurs enseignements majeurs.
1. La démocratie interne peut fonctionner dans les organisations professionnelles
Malgré les tensions, les débats et les contestations qui ont précédé le congrès, le scrutin est allé à son terme avec une participation importante des membres. Cela démontre qu’une organisation de journalistes peut régler ses différends par les urnes plutôt que par les divisions permanentes.
Le leadership féminin progresse dans les médias ivoiriens
L’une des leçons les plus marquantes est l’élection de la première femme présidente de l’UNJCI depuis la création de l’organisation en 1991. Cette victoire traduit une évolution des mentalités dans un secteur où les postes de décision étaient longtemps majoritairement occupés par des hommes.
Les journalistes demandent un renouveau générationnel et organisationnel
Le score obtenu par Marie-Laure N’Goran (244 voix contre 161 pour Stéphane Bahi) montre qu’une majorité des votants a adhéré à une vision de changement et de modernisation de la corporation.
Les défis du métier sont devenus centraux
La campagne a mis en lumière les préoccupations réelles des journalistes : la précarité de nombreux professionnels ; la protection sociale ; la formation continue ; l’adaptation au numérique ; la lutte contre la désinformation ; la défense de la liberté de la presse.
L’unité de la corporation reste un enjeu majeur
Le congrès s’est tenu sous le thème du «rassemblement et reconstruction». Cela révèle qu’au-delà de l’élection, les journalistes ivoiriens sont conscients de la nécessité de préserver la cohésion de leur organisation face aux défis économiques, technologiques et éthiques qui touchent la profession.
La crédibilité des journalistes commence par leur propre gouvernance
Une profession qui demande transparence, responsabilité et bonne gouvernance aux institutions publiques doit être capable d’appliquer ces principes à elle-même. Le processus électoral de l’UNJCI rappelle que la crédibilité du journaliste dépend aussi de la qualité de ses propres institutions professionnelles.
Une nouvelle responsabilité pour la nouvelle équipe dirigeante
L’élection crée désormais une attente forte. Les journalistes jugeront la nouvelle direction non seulement sur son symbole historique, mais surtout sur sa capacité à obtenir des résultats concrets en matière de conditions de travail, de protection des journalistes et de professionnalisation du secteur.
En un mot comme en mille, la principale leçon de cette élection est que la presse ivoirienne a choisi à la fois le changement, le renouvellement et l’ouverture. Le véritable test commence maintenant : transformer cette victoire historique en avancées tangibles pour l’ensemble des journalistes ivoiriens.
Bambara Soudan



































