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C’est la deuxième ressource la plus exploitées après l’eau. Le sable. Indispensable notamment pour le secteur du bâtiment, il devient de plus en plus précieux et son extraction se fait parfois à outrance au large de nos océans.

Autour de nous, le sable est partout : dans nos villes construites en béton, sur nos routes en asphalte, dans le maraîchage de nos champs, sur les digues construites à Singapour et à Dubai, dans les cosmétiques ou dans les puces électroniques.

Pour tout cela, il faut en moyenne prélever 18 kilos de sable par jour par personne. Essentielle, cette ressource demeure aussi compliquée à trouver, car le sable du désert par exemple est trop lisse et trop rond pour être utilisé par l’industrie. Et quand les ressources terrestres dans des carrières et dans des fleuves se sont amenuisées, les sables des fonds marins ont commencé à être prélevés, à la fin du siècle dernier.

Une pratique qui demeure, et est responsable en France de 6 millions de tonnes par an, prélevées par quatre navires sabliers équipés d’une élinde, un gigantesque bras articulé qui plonge à 30 mètres sous la surface pour extraire du sable fossile vieux de plusieurs centaines de milliers d’années.

Pour le prélever en France, il faut franchir trois laissez-passer : celui du Ministère de l’Économie, qui accorde un titre minier, mais aussi l’aval du préfet et d’un grand port maritime, autant d’interlocuteurs censés s’assurer notamment qu’il n’y a pas de risque pour la biosphère et l’environnement.

Si les industriels se veulent rassurants en mettant en avant ces gardes fous, à l’échelle locale, plusieurs demandes de concessions en mer ont dû être avortées face à des réticences locales, et des incertitudes concernant l’impact environnemental à Lannion et aux Mathes notamment.

Un principe de précaution que le chercheur au CNRS et professeur à l’université de La Rochelle, Eric Chaumillon juge pertinent en rappelant que l’impact des prélèvements sur les côtés est encore mal connu que le volume de sable prélevé est amplement supérieure à celui du sable qui se crée naturellement, et que les littoraux sont des zones fragiles avec l’érosion, la montée du niveau des eaux, une urbanisation de plus en plus grande et une recrudescence des tempêtes.

La prudence s’imposerait donc, pourtant d’après un rapport récent de l’ONU le business du sable est aujourd’hui un des commerces illégaux les plus profitables et les moins régulés et des mafias du sable continuent de proliférer en Inde, au Maroc et en Afrique de l’Ouest.

Pour endiguer ce phénomène il faudrait, selon l’ONU un cadre juridique mondial, de meilleures données, mais aussi investir dans le béton recyclé et réduire la fièvre de l’urbanisation à outrance.

En attendant, des plages risquent de disparaître, en Indonésie par exemple, à cause de la surexploitation.

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