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L’affaire des démolitions survenues au quartier Campement, dans la commune de Koumassi à Abidjan, prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué rendu public ce mercredi 10 juin 2026, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan dénonce ce qui apparaît désormais comme une grave méprise dans l’interprétation d’une décision judiciaire, avec des conséquences dramatiques pour des milliers de personnes.
Depuis plusieurs jours, les images de maisons détruites, de familles sans abri et de biens réduits en gravats alimentent l’émotion et l’indignation sur les réseaux sociaux.

Au cœur de la controverse figure un homme identifié comme Alloui Brou Jacques, qui aurait revendiqué les démolitions opérées le 3 juin dernier en se prévalant d’une décision de justice censée lui donner raison.
Or, selon les vérifications effectuées par les autorités judiciaires, cette décision n’autorisait en aucune manière la destruction des habitations concernées. Plus encore, le Tribunal avait rejeté la demande de démolition introduite par l’intéressé. Le communiqué précise également que la procédure évoquée ne concernait que cinq habitations, loin de l’ampleur des destructions constatées sur le terrain.

Des conséquences humaines considérables
Cette révélation met en lumière ce qui pourrait être l’une des plus graves erreurs d’interprétation d’une décision de justice de ces dernières années dans la commune de Koumassi. Alors que des milliers de personnes se retrouvent aujourd’hui affectées, certaines ayant perdu leur logement, leurs commerces ou l’essentiel de leurs biens, la justice affirme n’avoir jamais donné son aval à une opération de démolition de cette ampleur.
Dans les zones touchées, la détresse est immense. De nombreuses familles vivent depuis plusieurs jours dans des conditions précaires, exposées aux intempéries et confrontées à l’incertitude quant à leur avenir. Pour beaucoup, les économies d’une vie ont disparu en quelques heures.
Au-delà des pertes matérielles, c’est également un profond sentiment d’injustice qui s’exprime parmi les victimes, désormais confrontées à la perspective de longues démarches administratives et judiciaires pour faire valoir leurs droits.

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Une enquête judiciaire ouverte
Face à la gravité des faits, le Procureur de la République a annoncé l’ouverture d’une enquête. Les démolitions sont susceptibles d’être qualifiées de troubles à l’ordre public, de voies de fait et de destruction volontaire de biens appartenant à autrui, des infractions prévues et réprimées par le Code pénal ivoirien.
Le parquet indique avoir instruit ses services afin de rechercher activement et d’interpeller Alloui Brou Jacques, actuellement introuvable selon le communiqué. L’objectif est d’établir les circonstances exactes des démolitions et de déterminer les responsabilités éventuelles de toutes les personnes impliquées.

Faire toute la lumière
Dans sa déclaration, le Procureur de la République se veut ferme : toute la lumière sera faite sur cette affaire et les auteurs d’éventuels actes illégaux devront répondre de leurs actes devant la justice.
Alors que l’enquête débute, une question demeure au centre des préoccupations : comment une décision judiciaire concernant seulement quelques habitations a-t-elle pu être présentée comme une autorisation de procéder à des démolitions massives, avec pour conséquence de plonger des milliers de familles dans la détresse ?
Pour les habitants de Campement, l’heure est désormais à l’attente de la vérité, mais aussi à l’espoir que justice soit rendue et que des solutions soient trouvées pour soulager les nombreuses victimes de cette opération controversée.

Stéphane Badobré 

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