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Le Conseil des Experts vient d’élire (et non de choisir) le nouveau Guide Suprême malgré les bombardements incessants des armées américaines et israéliennes du pays depuis le 28 février dernier.

Bien que le nom de l’heureux élu reste secret pour le moment pour des raisons évidentes de sécurité (les Américains et les Israéliens ayant promis d’en faire leur cible), la tenue de cette élection dans la circonstance actuelle est la preuve du caractère vivant de la démocratie iranienne et du strict respect des dispositions constitutionnelles par les autorités de ce pays.

En effet, sous d’autres cieux, il suffit simplement que le ciel se fasse lourd (en Iran actuellement, il gronde) pour que les autorités l’invoquent pour ignorer les échéances constitutionnelles des élections afin de se renouveler d’autorité dans leurs fonctions.

La Démocratie, comme l’a résumé le Président Abraham Lincoln, est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Dès lors, la condition sine qua non pour témoigner de son existence dans un microcosme est le recours systématique à l’expression du suffrage universel, qu’il soit direct ou indirect, pour désigner les gouvernants à tous les niveaux.

Toutes les institutions en Iran et ceux qui les incarnent sont issus de l’expression de ce suffrage universel.

Si le Président de la République est élu au suffrage universel direct, le Guide Suprême, qui doit présenter et remplir un certain nombre de critères moraux, humains et spirituels spécifiques et conformes à la guidance islamique de l’État, est lui élu au suffrage universel indirect par l’assemblée des 88 Experts élus eux-mêmes pour 8 ans au suffrage universel direct.

Les exigences du suffrage universel, cœur vivant de la Démocratie, sont donc scrupuleusement respectées en Iran.Toute chose qui oint ses autorités de la légitimité populaire et atteste du caractère démocratique du fonctionnement de l’État.

C’est ainsi que fonctionne la Démocratie Islamique iranienne sous le sceau de dispositions d’une constitution adoptée par un référendum populaire massif et qui définit les prérogatives de toutes les institutions et de leurs mandataires dans la gouvernance du pays.

Certaines personnes qui ne conçoivent la Démocratie que sous sa configuration occidentale dénient de manière déloyale et mesquine à l’Iran le caractère démocratique de sa vie politique et institutionnelle.

Cette attitude est soit naïve, soit teintée de mauvaise foi, soit simplement raciste, en considérant que seuls les traits de la civilisation occidentale sont valables comme référence universelle et obligatoire à suivre.

C’est ce système de pensée qui a servi à la colonisation de l’Afrique, notamment avec la dénonciation insidieuse de toutes ses institutions politiques et sociales plusieurs fois millenaires.

C’est toujours suivant cette vue étriquée des choses que certains admettent l’existence de partis politiques qui se réclament, jusqu’à dans leur dénomination, d’être chrétiens et font une crise d’urticaire à l’idée que dans le monde musulman, des partis se proclament islamiques.

Si l’exigence du suffrage universel est respectée, tous les peuples, suivant leur culture et leurs convictions religieuses et spirituelles, peuvent adapter la démocratie à leurs réalités culturelles et philosophiques.

C’est le cas du Botswana, qui, dans les classements internationaux, figure parmi les pays les plus démocratiques d’Afrique, ou encore du Somaliland, un pays qui n’existe pas, mais dont le caractère démocratique de sa gouvernance pourrait inspirer tous les autres pays africains dans lesquels la fameuse démocratie « Made In Occident » a fait, en moins de trois décennies, plus de morts, de blessés, de disparus et de déplacés que toutes les catastrophes qui ont frappé l’Afrique depuis qu’Adam et Ève ont été expulsés du paradis pour cause de corruption.

Il faut comprendre que dans sa gestion quotidienne de l’État, un gouvernement peut être amené à prendre des décisions ou adopter des postures qui contreviennent aux droits ou aux intérêts de telle ou telle catégorie de sa population, tout comme ses responsables peuvent être coupables de délits divers, comme on le voit partout en Occident ou ailleurs dans le monde, sans que pour autant cela n’invalide le caractère démocratique des pays concernés.

Dès lors, les Iraniens sont fondés à penser que les critiques ou le déni du caractère démocratique du fonctionnement de leur pays participent plus à la remise en cause par certains de l’Islam comme une monarchie dotée de tous les instruments pour gérer tous les aspects spirituels et séculiers de la vie de l’Homme sur Terre, qu’à une attaque spécifique contre eux.

La civilisation occidentale n’est pas une civilisation universelle, comme ses thuriféraires le prétendent. Elle est uniquement dominante et s’efforce d’être la seule référence sur Terre et sur Mars.

Les commentateurs qui jugent tous les autres doivent se convaincre d’abord de cela comme le seul moyen d’une existence pacifique des diverses civilisations et de leurs enrichissements mutuels et réciproques pour aboutir à une vive universelle dans un monde devenu un Archipel.

Prof. Moritié

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