L’association FIER « La Côte d’Ivoire d’abord », engagée dans la promotion de la bonne gouvernance, de la transparence administrative et de la lutte contre la corruption, souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics sur la problématique des visites médicales exigées dans le cadre des concours de la fonction publique et des grandes écoles publiques de formation.
Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes ivoiriens candidatent aux différents concours administratifs : Police nationale, Gendarmerie, INFAS, INJS, ENA, concours de l’enseignement supérieur, Eaux et Forêts, Douanes, concours administratifs de la Fonction publique, entre autres.
Dans la quasi-totalité des cas, il est exigé des candidats la production d’un certificat médical délivré par des structures sanitaires agréées, publiques ou privées, moyennant des frais parfois particulièrement élevés pour des familles déjà confrontées à la cherté de la vie.
Selon les estimations disponibles, certains grands concours enregistrent annuellement entre 5.000 et 100.000 candidatures selon les filières et les sessions.
Or, le coût moyen d’une visite médicale varie généralement entre 5.000 FCFA et 50.000 FCFA selon les examens requis et les structures habilitées.
Ainsi, en prenant l’hypothèse prudente de 100.000 candidats sur plusieurs concours nationaux avec un coût moyen de 25.000 FCFA par visite médicale, ce sont près de : 2,5 milliards FCFA qui sont supportés chaque année par les populations, souvent sans aucune garantie d’admissibilité.
Dans certains cas, des candidats postulant à plusieurs concours sont contraints de refaire plusieurs certificats médicaux en quelques semaines seulement, générant une multiplication inutile des dépenses.
FIER reconnaît pleinement la nécessité pour l’État de s’assurer de l’aptitude physique et psychologique des futurs agents publics, notamment dans les métiers relevant de la sécurité, de la santé ou de l’encadrement sportif.
Cependant, l’application actuelle du dispositif soulève plusieurs interrogations de rationalité administrative et d’équité sociale.
En effet, quel est l’intérêt d’imposer une visite médicale préalable à l’ensemble des candidats alors même que seuls quelques pourcentages seront déclarés admissibles ?
À titre d’exemple, il apparaît économiquement disproportionné d’imposer une visite médicale à 100.000 candidats pour un concours ne devant recruter que 1.000 personnes. Une telle pratique entretient mécaniquement une dépense de masse sans réelle nécessité administrative immédiate.
Dans une logique de modernisation de l’action publique et de protection du pouvoir d’achat des populations, FIER propose les réformes suivantes :
1. Réserver la visite médicale aux seuls candidats admissibles.
La visite médicale devrait intervenir après les résultats d’admissibilité et non avant le dépôt des candidatures.
Cette réforme permettrait de réduire drastiquement les dépenses inutiles supportées par les familles ivoiriennes.
2. Instaurer une validité nationale du certificat médical sur une période minimale de trois mois
Un candidat ayant déjà effectué une visite médicale devrait pouvoir utiliser le même certificat pour plusieurs concours durant une période donnée.
Cette mesure éviterait les doublons administratifs et les dépenses répétitives.
3. Ouvrir le choix du cabinet médical
Les candidats devraient pouvoir effectuer leur visite médicale dans le centre de santé ou le cabinet agréé de leur choix, aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays.
La concentration des visites médicales auprès d’un nombre limité de structures favorise les soupçons de rentes administratives et crée des difficultés d’accès pour les populations éloignées.
4. Encadrer les tarifs
L’État pourrait fixer un plafond national harmonisé afin d’éviter les disparités tarifaires excessives et garantir l’accessibilité des concours publics aux jeunes issus de milieux modestes.
Dans un contexte économique marqué par la hausse du coût de la vie, la rationalisation des dépenses administratives imposées aux citoyens devient un impératif.
La lutte contre la pauvreté ne se limite pas aux grandes réformes macroéconomiques ; elle passe également par la suppression des charges inutiles pesant sur les ménages.
Cette réforme des visites médicales constituerait une mesure concrète, immédiatement applicable, socialement juste et financièrement bénéfique pour des milliers de familles ivoiriennes.
FIER espère que cette proposition retiendra l’attention des autorités administratives compétentes afin d’engager une réflexion nationale sur la modernisation et l’humanisation des procédures de recrutement dans la fonction publique ivoirienne.
Fait à Abidjan le 11 mai 2026
Pour FIER, le Président
Jean Bonin Kouadio
































