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La Cour d’appel d’Abidjan, statuant en matière de référés, vient d’ordonner la suspension du congrès ordinaire de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), fortement contesté par un camp, qui a eu lieu le 20 février 2026. Une décision exceptionnelle qui met en lumière un feuilleton judiciaire et corporatiste ayant profondément terni l’image des journalistes ivoiriens.

Un congrès sous tension
À l’origine du litige, trois membres du Conseil d’administration de l’UNJCI – ATTA Etienne Narcisse, N’DRI Jérôme et KOFFI Fulbert – ont contesté la candidature de M. ETTIEN Tanoh Koffi Franck, dit Etienne Franck, tête de liste du mouvement Ensemble pour une Union forte et solidarité. Selon eux, l’intéressé ne possède pas la qualité de journaliste professionnel, condition indispensable pour figurer au corps électoral et briguer la présidence de l’Union.

Les plaignants ont produit des pièces attestant qu’Etienne Franck exerçait des fonctions politiques en tant que Directeur de cabinet du Président du Conseil régional du Gbêkê, rémunéré à ce titre depuis décembre 2025. Ils dénoncent des « manœuvres frauduleuses » ayant permis à ce dernier d’obtenir une carte de journaliste professionnel et de se faire inscrire sur la liste électorale.

Une bataille juridique et institutionnelle
Face à ces accusations, les défendeurs ont plaidé l’incompétence du juge des référés, estimant que la question relevait du juge du fond. Ils ont également rappelé qu’Etienne Franck avait démissionné de ses fonctions politiques en avril 2025 et que sa candidature avait déjà été validée par le Conseil d’administration de l’UNJCI.

Mais la juridiction a retenu l’urgence et l’évidence du trouble. Elle a souligné que la commission paritaire chargée des cartes de journaliste professionnel avait jugé « recevable et pertinente » la contestation de la qualité de journaliste de M. Franck, et qu’un groupe de travail avait été mis en place pour clarifier la situation.

Une image écornée
Au-delà du verdict, c’est l’image de la corporation des journalistes qui sort fragilisée de ce feuilleton. L’UNJCI, censée incarner la rigueur et l’éthique professionnelle, se retrouve au cœur d’un scandale où se mêlent accusations de fraude, contestations internes et batailles judiciaires. La suspension du congrès, à quelques heures de son ouverture, illustre la profondeur de la crise et l’incapacité de l’organisation à régler ses différends en interne.

Un tournant pour l’UNJCI
Cette affaire marque un tournant dans l’histoire de l’UNJCI. Elle révèle les failles dans la gouvernance de l’organisation et pose la question de la crédibilité des instances censées garantir la transparence et l’intégrité du processus électoral. Pour de nombreux observateurs, ce feuilleton judiciaire restera comme une tâche sur l’image de la corporation, appelant à une réforme profonde pour restaurer la confiance des journalistes et du public.

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