PARTAGER

Elle soigne traditionnellement le paludisme… Mais l’« Artemisia annua » s’est invitée dans le débat sur la prise en charge du nouveau coronavirus.

Depuis que le président malgache Andry Rajoelina a annoncé en avril la découverte d’un remède à base d’Artemisia annua contre le nouveau coronavirus, la plante originaire de Chine est au centre d’importantes spéculations. En l’absence d’essais cliniques validant l’efficacité de la tisane, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre sa consommation. « Les Africains méritent d’utiliser des médicaments testés selon les normes qui s’appliquent aux médicaments fabriqués pour les populations du reste du monde », a rappelé l’organisation.

Si Madagascar est passée outre en commercialisant son breuvage et en le distribuant à une quinzaine de pays du continent, un dialogue a néanmoins été noué pour cadrer des protocoles d’essais. La République démocratique du Congo (RDC), où le docteur Jérôme Munyangi a déjà mené des études sur les effets de la tisane d’artémia contre le paludisme, pourrait servir de terrain d’études. M. Munyangi est le responsable scientifique de la Maison de l’artémia, une ONG française à l’origine de l’initiative malgache.

Les propriétés de la plante à soigner le paludisme sont en effet connues. Elle est utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise depuis des siècles ainsi que par les tradipraticiens dans de nombreux pays d’Afrique. L’une de ses molécules, l’artémisinine, est intégrée dans les combinaisons médicamenteuses les plus répandues pour contrer les effets du parasite responsable du paludisme. Cette découverte a valu le prix Nobel de médecine au docteur Tu Youyou en 2015.

L’Artemisia annua a par ailleurs été utilisée par la Chine en traitement complémentaire du SARS en 2003 et à nouveau dans le cadre de l’épidémie actuelle. C’est ce qui permet à certains scientifiques de penser qu’elle serait candidate à entrer dans la composition d’un possible remède. En Allemagne, l’Institut Max-Planck mène des études in vitro sur des extraits de la plante, ainsi que sur des dérivés de l’artémisinine.

Dans sa volonté d’éclairer le débat, vif, sur ce sujet, Le Monde Afrique a décidé d’y consacrer la journée du 18 juin. Outre un tchat organisé entre 15 et 16 heures avec Pascal Millet, paludologue, maître de conférences et praticien hospitalier au CHU de Bordeaux, et une journaliste du Monde Afrique, Laurence Caramel, vous retrouverez au fil des heures le portrait de Lucile Cornet-Vernet, la fondatrice de la Maison de l’artémia, une vidéo complète sur ce que les scientifiques pensent de cette plante sur le Covid-19, un portrait du professeur Jérôme Munyangi, en quête de 2 millions d’euros pour le lancer le « protocole artémisia ».

PARTAGER