L’avocat Hervé Gouaméné, inscrit au barreau de Côte d’Ivoire, a estimé que l’incarcération de Justin Katinan Koné, 4e vice-président du PPA-CI, relève davantage d’un enjeu politique que judiciaire. Il s’exprimait sur le plateau de NCI 360.
Justin Katinan Koné, initialement convoqué en réponse à une plainte pour diffamation déposée par le RHDP, a finalement été placé sous mandat de dépôt pour « actes terroristes et atteinte à la sûreté de l’État ». Les faits qui lui sont reprochés, selon le communiqué du procureur, publié vendredi, remontent à l’élection présidentielle d’octobre 2025.
Une procédure jugée régulière sur la forme
Evoquant l’affaire sur le plan de NCI, Me Hervé Gouaméné a déclaré que l’aspect procédural, la convocation suivie de l’audition de M. n’a pas relevé d’irrégularité majeure. « Du point de vue de la procédure, nous n’avons pas grand-chose à dire. Il a été régulièrement convoqué, il a été régulièrement assisté par ses avocats, même si l’audition a duré des heures, de 19h à 22h », a-t-il déclaré.
Le délai entre les faits et les poursuites en question
L’avocat a en revanche pointé un problème de fond, lié à la nature des faits reprochés et au délai écoulé avant l’ouverture des poursuites.
« Les faits qui lui sont reprochés remontent à octobre 2025. Donc on se demande comment, d’octobre 2025 à septembre 2026, M. Katinan n’est pas du tout inquiété, ni interrogé, si tant est qu’il s’est rendu complice de faits aussi graves que ceux de terrorisme, d’atteinte à la sûreté de l’État », a-t-il interrogé.
Pour le président de l’Association ivoirienne des droits de l’homme (AIDH), ce décalage temporel entre la date des faits allégués et l’ouverture d’une procédure pour des chefs d’accusation aussi lourds soulève des interrogations sur la finalité réelle des poursuites.
Une arrestation liée aux propos tenus, selon l’avocat
L’avocat a explicitement établi un lien entre l’incarcération du vice-président du PPA-CI et ses prises de position publiques. « Pour nous, l’enjeu de cette affaire est plus politique que judiciaire, parce que nous pensons qu’il a été arrêté pour les propos qu’il a tenus », a-t-il affirmé.
Analysespolitiques
Il a estimé que cette situation interroge plus largement l’exercice des libertés fondamentales en Côte d’Ivoire. « Cela remet en cause la liberté d’expression et le droit d’opposition démocratique », a-t-il conclu.
Un dossier qui suscite des réactions dans la classe politique
L’analyse de Me Hervé Gouaméné s’inscrit dans une série de prises de position sur ce dossier, qui a également suscité des réactions au sein de la classe politique. Dans un communiqué, la direction du PPA-CI a dénoncé « une instrumentalisation de la justice » visant un objectif de musèlement de l’opposition.
Affaire Koné Katinan : Ahoua Don Mello alerte sur « un précédent dangereux «
L’opposant Ahoua Don Mello, qui a également donné de la voie a dénoncé « un engrenage judiciaire », constituant un « dangereux précédent » pour l’exercice des expressions démocratiques. Ni le RHDP ni le gouvernement n’ont, à ce stade, réagi publiquement à l’incarcération de M. Katinan encore moins aux dénonciations du PPA-CI ainsi que des autres acteurs politiques de l’opposition.






