Au siège de la CEDEAO, l’invitation a été remise par Andrey Podyolyshev à Abuja. Birame Diop et sa délégation seront les invités de marque de Vladimir Poutine au Sommet d’octobre. En retour, la CEDEAO dit oui à Moscou.

Le 3e Sommet Russie-Afrique est prévu à Moscou en octobre 2026 et l’invitation officielle de la CEDEAO a été  remise en main propre à Birame Diop,  président de la Commission. L’ambassadeur Andrey Podyolyshev a salué l’entrée en fonction du général Diop pour 4 ans à la tête de la Commission d’une CEDEAO qui reste courtisée malgré moults turbulences internes. L’institution demeure un interlocuteur que Moscou veut ménager. 

La Russie visite la CEDEAO 

Officiellement, la Russie prend date avec la nouvelle équipe dirigeante de la CEDEAO, et elle le fait vite. Recevoir un envoyé au siège de la Commission, rassure l’institution sous-régionale. Le général Diop n’a pas boudé son plaisir. Il a remercié ses hôtes, rappelant que la CEDEAO regarde de près les partenariats qui apportent du concret aux populations. Une formule prudente, mais qui ouvre la porte.

Moscou avance ses pions en Afrique de l’Ouest

Depuis plusieurs années, le Kremlin multiplie les rapprochements sur le continent, du Sahel aux capitales côtières. Le sommet d’octobre s’annonce comme une nouvelle étape. En invitant la CEDEAO, Moscou ne se contente pas de courtiser des États un par un : il s’adresse à un bloc, à une institution régionale, avec ses 12 membres et son poids diplomatique. La CEDEAO traverse une période de repositionnement, entre départs annoncés et recompositions internes. L’attention portée à sa nouvelle direction traduit un intérêt qui outre-passe la courtoisie normale.

Ce que la CEDEAO a à y gagner

Pour Abuja, c’est une opportunité pour approfondir la diversification des partenaires sans s’enfermer. La Russie propose des coopérations en matière de sécurité, d’énergie et d’agriculture. Des dossiers qui parlent directement aux États membres, confrontés à l’insécurité et aux besoins de financement. Accepter, c’est s’asseoir à une table où se jouent des équilibres mondiaux. Refuser, c’est laisser d’autres parler au nom de la région. Le général Diop sera aux côtésde Poutine à l’Act 3 du Sommet Russie-Afrique.