Position stratégique, poids démographique, infrastructures et dynamisme économique : les arguments en faveur d’un nouveau pôle administratif
Et si le moment était venu de franchir une nouvelle étape dans l’organisation administrative du territoire ? Dans le département de Mankono, au cœur de la région du Béré, la question de l’érection de Tomono en sous-préfecture apparaît de plus en plus comme une revendication fondée sur des réalités démographiques, économiques, sociales et territoriales.
Loin d’être une simple demande de prestige, cette ambition répond à une préoccupation essentielle : rapprocher l’administration des populations et créer les conditions d’un développement mieux structuré de cette partie du département de Mankono.
Une position géographique qui plaide pour Tomono
Tomono occupe une position stratégique dans cette partie du Béré. Sa localisation en fait un point de convergence pour plusieurs villages et campements environnants, dont les populations dépendent largement de ses services et de ses infrastructures.
Cette situation donne à la localité une vocation naturelle de pôle administratif et de services.
L’érection de Tomono en sous-préfecture permettrait ainsi de rapprocher les services de l’État des populations, de réduire les distances administratives et de faciliter l’accès aux documents et prestations publiques.
L’enjeu dépasse donc largement les limites du village : il concerne tout le bassin de population appelé à être rattaché à la future circonscription administrative.
Une réalité démographique qui ne peut plus être ignorée
L’argument démographique constitue également un élément central du plaidoyer.
Selon les données du RGPH 2014 publiées par l’Institut national de la statistique, Tomono comptait 7 876 habitants, dont 3 955 hommes et 3 921 femmes.
Ce chiffre, qui remonte à 2014, ne saurait toutefois être utilisé seul pour apprécier la situation démographique actuelle. Pour un plaidoyer en 2026, il est indispensable de prendre également en compte les données du RGPH 2021 et, surtout, la population de l’ensemble des localités susceptibles de composer la future sous-préfecture.
La dynamique démographique observée dans la zone est d’autant plus significative que l’activité agricole, notamment autour du coton et de l’anacarde, a historiquement favorisé l’arrivée de populations et le développement de campements autour de Tomono. Une enquête publiée en 2015 évoquait déjà une population d’environ 10 000 personnes dans la zone de Tomono et signalait l’ouverture de classes dans plusieurs campements rattachés à la localité.
Des infrastructures qui témoignent d’une vocation de centre de services
Tomono ne part pas de zéro. La localité dispose notamment d’infrastructures éducatives et sanitaires qui lui confèrent déjà un rôle de centre de services.
Dès 2015, Tomono disposait d’un groupe scolaire comprenant trois écoles et un cycle maternel, ainsi que d’un centre de santé et d’une maternité.
À ces acquis sont venus s’ajouter, au fil des années, de nouvelles infrastructures et équipements, notamment les établissements secondaires, les services liés à l’eau potable et les infrastructures administratives en développement.
Cette concentration progressive d’équipements constitue un argument fort : l’administration doit pouvoir accompagner le développement réel du territoire.
Un territoire agricole à mieux encadrer
La vocation économique de Tomono constitue également un argument majeur.
Le développement de l’agriculture et des activités commerciales crée des besoins croissants en matière d’encadrement administratif, d’état civil, de sécurité, d’appui aux producteurs, d’aménagement du territoire et d’infrastructures.
Dans une zone où l’agriculture constitue un moteur important de l’économie locale, disposer d’une administration déconcentrée à proximité permettrait d’améliorer la coordination des actions publiques et de faciliter les démarches des populations.
La création d’une sous-préfecture : un investissement pour l’avenir
Ériger Tomono en sous-préfecture ne signifie pas simplement installer un bâtiment administratif et nommer un sous-préfet.
Cela signifierait surtout donner à cette partie du territoire un véritable instrument de planification et de développement local.
Une sous-préfecture peut favoriser une meilleure coordination des services de l’État, renforcer l’encadrement administratif des populations et accompagner l’émergence de nouveaux équipements.
Elle pourrait également contribuer à une meilleure organisation du foncier, question devenue particulièrement sensible avec la croissance démographique et l’urbanisation progressive de Tomono.
Le foncier, un enjeu stratégique
La question du lotissement et de la préservation d’une réserve foncière renforce d’ailleurs la pertinence de cette revendication.
Le développement futur de Tomono nécessite des espaces pour les écoles, les centres de santé, les administrations, les marchés, les infrastructures sportives et les futurs projets publics.
Anticiper aujourd’hui cette croissance permettra d’éviter demain les difficultés liées à l’occupation anarchique de l’espace.
L’érection de Tomono en sous-préfecture pourrait donc s’inscrire dans une démarche plus globale d’aménagement et d’anticipation du développement territorial.
Un plaidoyer qui doit désormais être structuré
La revendication de Tomono mérite toutefois de dépasser le stade du slogan.
Pour convaincre les pouvoirs publics, le plaidoyer doit être construit autour de données précises : population de Tomono, population cumulée des villages et campements susceptibles d’être rattachés, distances avec les administrations actuelles, infrastructures existantes, activités économiques, potentiel agricole, accessibilité, besoins sociaux et perspectives de croissance.
Les données officielles du RGPH 2021 constituent à cet égard une base indispensable. À titre de comparaison, le département de Mankono comptait 271 894 habitants en 2021, répartis entre les différentes sous-préfectures, dont Mankono avec 74 165 habitants, Bouandougou avec 45 494, Marandallah avec 42 729, Sarhala avec 42 450 et Tiéningboué avec 67 055.
Cette réalité montre surtout que le territoire connaît déjà une organisation administrative structurée autour de plusieurs pôles. La question est désormais de savoir si Tomono, compte tenu de son évolution et de son aire d’influence, ne mérite pas à son tour une reconnaissance administrative à la hauteur de son poids réel.
Tomono doit désormais passer de la revendication à la démonstration
L’érection de Tomono en sous-préfecture ne doit donc pas être présentée comme une faveur accordée à une localité. Elle doit être défendue comme une décision d’aménagement du territoire fondée sur des critères objectifs.
La position stratégique de Tomono, son poids démographique, son bassin de population, ses infrastructures, son dynamisme agricole et commercial et ses perspectives de croissance constituent autant d’éléments qui méritent d’être examinés avec attention par les pouvoirs publics.
Le moment est donc venu de transformer la volonté des populations en un plaidoyer documenté, chiffré et consensuel.
Car derrière la demande de sous-préfecture se trouve une ambition beaucoup plus grande: faire de Tomono un véritable pôle de développement, capable de servir efficacement sa population et les localités environnantes.
Tomono ne demande pas seulement un statut. Tomono demande les moyens administratifs correspondant à une réalité territoriale qui a déjà commencé à bouger.
Bambara Soudan


































