Il y a des gens qui pensent qu’ils sont obligés de ne vivre que de privilèges dans leurs vies dans la République. Ça fait quoi si on décide tous de respecter le code de la route? Personne ne sera en retard au travail, à la maison, aux activités sociales, si tout le monde suit le même rythme. Et il y aura moins de morts.
J’apprécie ce que fait le Ministère des Transports ces temps-ci. Sans rigueur sur les routes, nous donnons l’impression d’un État désordonné.
Quand je travaillais encore dans l’international, pendant mes missions dans de nombreux pays, je pouvais aisément deviner l’état des institutions du pays, quand je parcourais en voiture les distances entre les aéroports et les hôtels .
Quand une route est désordonnée, quand les automobilistes roulent n’importe comment, quand les embouteillages sont chaotiques, c’est que le pays a un problème de développement, d’ordre , d’éducation, d’institution, et surtout de démocratie.
La route est le reflet de la vie politique et sociale d’un pays. Quand ceux qui sont derrière veulent à tout prix arriver les premiers ou passer avant ceux qui sont devant, quand des automobilistes roulent en sens inverse ou sur les trottoirs, quand personne ne se sent obligé de respecter les signalisations ou le feu tricolore, quand les gens ne se conforment pas aux conditions techniques et administratives des véhicules, c’est qu’ils n’ont ni peur ni aucun respect pour les lois et les institutions du pays.
Quelqu’un qui viole des règles visibles par tout le monde sur la route, que ferait-Il des lois que tout le monde ne connaît pas ou des lois cachées ? Surtout quand celui qui viole ces basiques règles de la route fait partie de ceux qui sont censés adopter les lois et les règles ou les faire exécuter pour le bien de tous.
Bravo le Ministère pour cette témérité .
Quand c’est bon, on dit que c’est bon, sans réserve. Quand c’est pas bon aussi et qu’on dit que ce n’est pas bon, ne nous traînez pas là où vous savez. Le regard critique d’un Parti politique, d’un individu sur la vie publique est une autre forme de participation au développement du pays.
Depuis quelques semaines, il n’y a apparemment plus, sur les routes, de hauts Cadres, de Diplomates, de grands Officiers, de petits citoyens, de débrouillards, de chômeurs. Tout le monde est soumis aux mêmes règles, pour l’instant.
C’est ça que nous on demande depuis, non seulement sur les routes, mais aussi partout, partout, partout, dans tous les secteurs d’activités et de vie de la Côte d’Ivoire. Vous voyez que lorsqu’on veut, on peut essayer d’y arriver, non ? Quand on est l’Etat, on travaille pour tout le monde et on fait respecter les règles par tout le monde, sans exception.
Le respect des règles par tous sera le premier pas du respect de toutes les autres règles , de la démocratie, des valeurs, de la morale, de la pudeur.
Maintenant, on vous demande d’aller un peu plus loin pour mettre plus d’ordre sur les routes.
Il n’y a que 255 Députés à l’Assemblée Nationale. À supposer que chaque Député possède 10 véhicules. Cela ne peut pas expliquer qu’il y ait autant de véhicules avec des cocardes lumineuses « Assemblée Nationale », qui leur donnent des priorités dans la circulation auxquelles ils n’ont pas droit. Il doit y avoir de sérieuses arnaques dans cette affaire de cocardes sur les véhicules privés. Il faut contrôler.
Par ailleurs, il y a trop de voitures avec gyrophares sur les routes d’Abidjan et sur les routes de l’intérieur du pays. Gyrophares sur les toits des véhicules, sur les vitres, sur les calandres.
Pourtant, les règles écrites du Protocole d’Etat sont très claires sur les usages et les bénéficiaires de véhicules avec gyrophares. Il n’y a qu’une très petite poignée de hauts responsables institutionnels, en dehors des véhicules d’urgence sécuritaires ou médicaux, qui sont cités dans les règles de base du Protocole d’Etat. Même les aménagements ultérieurs de ces règles encadrent strictement la dotation des gyrophares et de cortèges chez les Ministres.
Et pourtant, tant de Députés, Maires Conseillers, Directeurs, Officiers, hommes d’affaires, personnes se disant influentes, personnes privées et même des personnes bizarres, roulent impunément avec des gyrophares et souvent avec des sirènes combinées, dans des voitures personnelles ou administratives . Même des gbakas ont aussi leurs gyrophares ! Qui va se laissez faire ?
Il faut effectuer des opérations pour ces indélicats car ils participent aux pagailles sur les routes d’Abidjan et de l’intérieur du pays.
Quand on laisse des citoyens jouir de privilèges que les règles n’autorisent pas, c’est dangereux, ça crée des précédents et on construit des avantages acquis qu’il sera difficile d’enlever demain.
Enfin, quand on ouvre les vannes de privilèges excessifs, y compris ceux d’arriver les premiers avec gyrophares et sirènes à la maison ou au travail, on crée une classe de citoyens prêts à tout pour garder le pouvoir , les privilèges et piétiner les règles pour être toujours au-dessus des autres.
C’est aussi pour tout cela que nos élections sont si difficiles, les privilèges ….
































