Plus d’un an après son départ pour la France, le président du PDCI-RDA reste à Paris, et son retour à Abidjan demeure suspendu à une question : qui doit donner des garanties à qui?
Une absence qui s’installe. Exclu de la présidentielle du 25 octobre 2025 après sa radiation de la liste électorale, dans l’affaire de sa nationalité, Tidjane Thiam est en exil en France depuis mars 2025. Il dirige le parti à distance, par visioconférence, y compris lors du lancement des 80 ans du PDCI en avril.
Le pouvoir : « aucun obstacle ». En avril, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a assuré que Tidjane Thiam est un citoyen ivoirien libre, comme tout autre, rappelant que d’autres opposants sont rentrés sans difficulté. Mais l’entourage de l’ancien banquier craint des complications judiciaires.
Le PDCI : « d’abord une assurance ». Le 6 octobre, devant la presse à Cocody, le porte-parole Soumaïla Brédoumy a de nouveau posé la condition : « Si nous avons cette assurance, le lendemain Tidjane Thiam viendra ». Il a expliqué que le président du parti n’est pas à l’étranger de gaieté de cœur, mais par souci de sécurité. Le PDCI réclame depuis mai des discussions formelles avec le pouvoir sur deux dossiers indissociables : la réforme électorale et les conditions du retour de son chef. (Retour de Tidjane Thiam en Côte d’Ivoire : ‘’ nous voulons une assurance’’ ( Bredoumy Soumaïla, Porte-parole du PDCI-RDA) – Abidjan.net News +2)
Un calendrier chargé. Le PDCI a remis le 26 septembre au ministre de l’Intérieur, à sa demande, un document d’orientation présentant les grandes lignes de ses propositions sur la réforme électorale, sans se joindre à la proposition commune déposée par l’opposition le 5 octobre. Le parti prévoit aussi, en octobre, un giga-meeting de clôture de ses 80 ans à Abidjan, où il doit présenter son projet de société. Et le procès de cadres dissidents contestant la gouvernance de Thiam a été renvoyé au 22 octobre, une décision qui pourrait redessiner les rapports de force au sein du parti. (Politique nationale / Le Pdci veut des garanties sécuritaires pour le retour de Thiam et assume sa stratégie électorale – Connectionivoirienne +2)
Le nœud. Entre un exécutif qui répète que rien ne s’oppose au retour et un parti qui exige des garanties écrites avant de bouger, personne ne cède. Pour les militants, la présence du chef reste un enjeu majeur ; pour ses détracteurs, l’exil nourrit les doutes sur sa capacité à diriger. En attendant, le « retour » reste une promesse conditionnelle.




