PARTAGER

Le syndrome d’hubris est un syndrome lié au pouvoir qui pousse celui qui exerce un leadership à pousser très haut les curseurs de l’estime de soi, de la confiance et de l’affirmation de soi.

Pour les dirigeants politiques, le facteur déclencheur de ce trouble est l’accès au pouvoir.

Les signes cliniques de cet état psychologique que les commentateurs documentent sont :

Un comportement narcissique – un abus de prétention – la prise de décisions impulsive et irréfléchie qui induit des conséquences critiques pour l’ordre établi au niveau national comme international – un manque de compassion qui complexifie les échanges relationnels avec les autres – une féroce soif de gloire personnelle qui dissout l’esprit de cohésion et d’équipe – une représentation embellie de sa propre image – une confiance aveugle en son propre jugement – un mépris social envers une ou des communautés.

Nul besoin d’être un médecin généraliste ou encore un psychanalyste réputé pour détecter ces symptômes chez un dirigeant que l’on observe.

Pour celui qui est atteint par ce syndrome, le monde est avant tout une arène, un lieu ou avoir le pouvoir implique mécaniquement une obligation de dominer les autres, tous les autres qui sont perçus comme des adversaires plutôt que comme des partenaires.

Cet individu fait une évaluation biaisée de son rôle dans le monde, convaincu qu’il est d’être là pour n’accomplir que de grandes choses.

Sa relation de ses propres actes se fait toujours avec des descriptions et des manières exagérées, leur donnant des caractères extraordinaires et singuliers dans l’Histoire.

Son objectif premier est que ceux qui l’écoutent, l’admirent et lui trouvent l’intelligence d’un leader exceptionnel, un visionnaire et un pionnier.

Cette posture est endossée à une impression de puissance absolue.

L’individu est en effet persuadé de pouvoir tout accomplir, peu importe les répercussions de ses actes. Il se sent comme invincible, et convaincu que les lois et les règles ne s’appliquent pas à lui.

Le syndrome d’hubris, en tant que trouble du comportement chez ceux qui détiennent ou exercent le Pouvoir, a été théorisé par David Owen dans son ouvrage paru en 2008 : The Hubris Syndrome : Bush, Blair and the Intoxication of Power.

Le terme “hubris” lui-même trouve ses racines dans la Grèce Antique où il faisait référence au comportement arrogant, orgueilleux et désobéissant des personnes, qui pouvait engendrer la colère des dieux.

Comme celui d’Icare, connu pour être mort après avoir volé trop près du soleil.

En effet, Icare un jeune homme qui a pu voler avec avec des ailes fabriquées de plumes et de cire a fini par se croire l’égal des oiseaux et même supérieur à eux en puissance aérienne.

C’est ainsi qu’il entreprit de voler près du Soleil, trop près Hélas. La cire de ses ailes se mit à fondre du fait de l’intensité de la chaleur de l’astre céleste et il fut précipité dans le vide.

Aujourd’hui en suivant l’actualité internationale, il nous ait donné à tous, d’être témoins de l’illustration canonique de ce syndrome d’hurbris chez le dirigeant de la nation la plus puissante de la Terre et de Mars.

La probabilité de voir dans les trois siècles qui viennent, un dirigeant qui illustre avec tant de concordances ce syndrome, est aussi mince que celle de la présence sur la table d’un bloc opératoire, d’un parapluie et d’une machine à coudre.

Moritié CAMARA
Professeur des Universités en Histoire des Relations Internationales

PARTAGER