Israël est un État juif, cela est mentionné noir sur blanc dans la constitution du pays. Respecter et protéger le caractère juif est l’engagement que prend le chef de son exécutif en prêtant serment.
Cette identité juive de l’État convoque et mêle des éléments religieux, nationaux et culturels. Le drapeau est frappé de l’étoile de David, l’emblème du pays est la menorah (chandelier à sept branches, dont la conception en or est prescrite dans le Livre de l’Exode et qui représente la lumière divine, la sagesse et la création) et le calendrier officiel est basé sur la culture et la religion juive.
Cet État a d’ailleurs été créé en 1947 par les Nations Unies pour être le « foyer national pour le peuple juif ».
Ce caractère identitaire et religieux de cet État a d’ailleurs été renforcé en 2018 par de nouvelles dispositions des lois fondamentales portant sur la définition exigeante du pays comme : « l’État-nation du peuple juif ».
Si la constitution américaine définit les États-Unis comme une démocratie laïque et le premier amendement adopté en 1791 interdit au Congrès d’établir une religion officielle, le pays est avant tout une nation chrétienne.
Environ 70 % des Américains se déclarent chrétiens, majoritairement protestants. Cette religion (chrétienne) domine la vie politique et institutionnelle du pays : le Président élu, dont la première activité le jour de son inauguration est d’aller prier à l’église pour être oint, prête serment sur la Bible. La devise du pays réitérée sur les billets de banque proclame : « In God we trust (en Dieu nous croyons) ».
L’Iran est un État musulman comme cela est d’ailleurs rappelé dans l’appellation du pays : République Islamique et cela depuis la victoire de la révolution menée sous le drapeau de cette religion en 1979.
Alors, la question qui arrive involontairement à l’esprit est de savoir d’où vient donc l’animosité entre ces trois États se réclamant des trois religions monothéistes abrahamiques ? Comme le disait une candidate à l’élection présidentielle ivoirienne de 2015 : « Cette question est un peu complexe hein ! »
Pour faire donc simple et éviter que cette dissertation ne soit trop longue, nous allons volontairement oblitérer les éléments de réponse relevant des considérations géostratégiques et économiques (qui expliquent à 99,99% la nature des relations entre ces trois États), pour n’évoquer que l’aspect lié à la prétention universaliste commune de ces trois religions qu’ils representent de dominer le monde en le conformant à leur dogme, qui est plus structurant en terme d’explication.
Dans la Bible, notamment dans Matthieu 28 : 19, il est prescrit : « Allez donc, et enseignez toutes les nations, les baptisant au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »
Le Protocole des Sages de Sion, réputé contenir la stratégie secrète de domination mondiale de cette religion basée sur la caporalisation des dirigeants des nations les plus puissantes au monde, laisse clairement entrevoir la prétention du judaïsme à être le timonier de la Terre et de Mars.
Dès sa prise de pouvoir, l’Imâm Khomeiny a donné sa vision de la révolution islamique qui ne doit pas être confinée en Iran seul, mais exportée dans le monde à commencer par le Proche et Moyen-Orient. Toute chose qui explique la méfiance de ses voisins régionaux dirigés par des familles royales vissées à leur trône de pétro-monarchies et dont la crainte prioritaire avant même celle de Dieu, est d’en être déboulonnées.
Nous avons donc affaire à la confrontation de trois pays se réclamant des trois religions monothéistes qui se pose chacune comme une monocratie à vocation universelle.
C’est connu, celui qui fait quelque chose a toujours contre lui ceux qui font la même chose.
La configuration de leurs affrontements idéologico messianiques, repose sur la coalition des deux plus anciennes de ces trois religions en civilisation judéo-chrétienne face au troisième se réclamant de la Oumma (communauté) islamique dont il revendique la conduite sous la bannière du Chiisme et cela bien sur contre l’avis des pays arabes sunnites.
Toute chose qui donne un tableau complexe de la situation du monde arabo-musulman en général et du microcosme du Proche et Moyen-Orient en particulier.
Sauf que pendant que les trois enfants d’Abraham se battent pour assumer tout seul son héritage, le Diable renforce chaque jour davantage son emprise sur l’humanité. Toute chose qui donne une résonnance stridente à l’appel lancé le 4 février 2019 par le Pape François et le Grand Imam Ahmad Al-Tayyeb d’El Azhar en faveur de la fraternité humaine dont ces trois religions doivent être le moteur pour soigner l’humanité malade, divisée et en proie à une inversion audacieuse des valeurs.
La construction de la Maison d’Abraham qui réunie sur le même site une Eglise, une Mosquée et une Synagogue à Abou Dhabi doit donner à réfléchir sur les visées réelles de ceux qui se réclamant de ces trois religions sur la scène internationale.
Comme on le dit chez nous : » Votre affaire de Dieu là, n’est pas claire ! »
Prof. Moritié
































