À Abidjan, on aménage des autoroutes, des tours et des centres commerciaux. Mais les cimetières ? On les laisse dans le chaos : entrées défoncées, allées impraticables, tombes effondrées, herbes folles et désordre.
Pourtant, c’est là que tout le monde finira. Le milliardaire comme le vendeur de rue, le ministre comme le malade abandonné, le jeune bien portant comme le vieillard. Aucune fortune, aucun statut, aucune santé ne protège de cette dernière demeure.
Négliger ces lieux, c’est nier l’évidence : la mort est l’unique égalité. Et c’est absurde de bâtir une ville moderne tout en abandonnant le seul endroit où riches et pauvres se retrouvent enfin, côte à côte, dans le même silence.
Stéphane Badobré






