La sortie de la liste grise constitue indéniablement une bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire. Mais l’essentiel commence maintenant.
Il serait illusoire de croire que les investissements vont automatiquement affluer, que les banques étrangères vont immédiatement supprimer toutes leurs exigences de conformité ou que les coûts des financements vont mécaniquement diminuer.
Les bénéfices attendus dépendront de la capacité du pays à consolider les acquis et à maintenir durablement les standards qui ont permis son retrait.
L’expérience internationale montre d’ailleurs que certains pays peuvent se retrouver de nouveau sur cette liste lorsque leurs dispositifs de contrôle perdent en efficacité.
La vigilance doit donc rester permanente.
Pour les autorités ivoiriennes, plusieurs chantiers méritent désormais une attention particulière :
Premièrement, maintenir les moyens humains, techniques et financiers des structures chargées de la lutte contre le blanchiment de capitaux.
Deuxièmement, poursuivre effectivement les enquêtes et les sanctions contre les auteurs d’infractions financières, indépendamment de leur statut ou de leur position sociale.
Troisièmement, renforcer la transparence dans les marchés publics, les transactions immobilières, les activités minières et les secteurs particulièrement exposés aux risques financiers.
Quatrièmement, communiquer auprès des partenaires bancaires et des investisseurs internationaux afin que la nouvelle situation du pays soit effectivement prise en compte dans leurs évaluations des risques.
Cinquièmement, faire en sorte que les avantages de cette évolution profitent également aux entreprises locales, aux PME et aux populations, notamment à travers une amélioration des conditions d’accès aux services financiers.
Un capital de confiance à faire fructifier
La sortie de la liste grise du GAFI n’est ni une simple distinction honorifique ni une formalité administrative sans conséquence.
C’est une reconnaissance internationale qui peut contribuer à améliorer la réputation financière d’un pays, faciliter ses relations bancaires, renforcer l’attractivité de son économie et créer de meilleures conditions pour les investissements.
Pour la Côte d’Ivoire, cette décision du 30 octobre 2026 représente une opportunité stratégique.
Mais une question fondamentale demeure : comment transformer cette reconnaissance internationale en emplois, en investissements productifs, en financements moins contraignants, en développement industriel et en amélioration des conditions de vie des populations ?
Car, au bout du compte, la véritable réussite d’une réforme financière ne se mesure pas uniquement à la satisfaction des institutions internationales.
Elle se mesure aussi à ses retombées dans l’économie réelle.
Sortir de la liste grise est une victoire. Faire de cette victoire un levier de prospérité nationale est désormais le véritable défi.
Bambara Soudan avec GAFI




