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Yopougon et le CSRS: Vers un partenariat fondé sur la donnée au service du projet communal

Yopougon, lundi 2 novembre 2026. Le député-maire Adama Bictogo a reçu à la mairie le Professeur Jérémie Thouakesseh Zoueu, directeur général du Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), pour une séance de travail consacrée à la contribution de l’institution aux sept piliers stratégiques du projet communal 2023-2028. Les deux parties ont convenu d’accélérer la formalisation d’une convention de partenariat.
Le CSRS, qui célèbre cette année ses 75 ans, a réaffirmé à cette occasion sa mission de service à la communauté qui l’accueille et remis officiellement au maire le rapport de l’étude préliminaire conduite ces derniers mois.

QUATRE PROGRAMMES STRUCTURANTS AU SERVICE DU PROJET COMMUNAL
L’équipe du CSRS a présenté une offre d’expertise scientifique transversale, articulée autour de quatre programmes. Le premier porte sur la végétalisation durable, avec l’ambition d’une commune plus verte et plus résiliente, adossée à la formation et à l’insertion professionnelle de jeunes. Le deuxième vise à faire de Yopougon une commune « sentinelle » de santé publique urbaine, dotée d’un dispositif territorial de veille et d’analyse des risques sanitaires. Le troisième entend faire du territoire un espace d’innovation et d’opportunités économiques, grâce au renforcement des capacités et à des parcours de formation. Le quatrième, enfin, propose un observatoire scientifique de la gouvernance, chargé de collecter et d’analyser les données de la municipalité, de produire des cartes thématiques et d’aider à l’évaluation des politiques communales.
« Diriger une commune comme la vôtre nécessite, en amont, des données fiables, des données fines, des données longitudinales », a déclaré le Professeur Zoueu. « Parce que cette commune nous accueille depuis 75 ans, nous voulons l’accompagner avec notre expertise. »

YOPOULAB : LA SANTÉ PUBLIQUE URBAINE À L’ÉCHELLE DES QUARTIERS
Premier volet concret du programme santé, YopouLab (« données liant le bâti à la santé ») est conduit avec l’institut suisse Swiss TPH, par des chercheurs ivoiriens et suisses. Son point de départ : « la santé se joue aussi dans la rue, le logement et le quartier », et le maire, qui décide de l’aménagement de la commune, en est un acteur majeur. Son hypothèse : des habitats différents, même très proches, ont des problèmes et des priorités différents.
Près de 90 % des ménages interrogés se disent disponibles pour rejoindre une étude de suivi, ce qui ouvre la voie à une enquête régulière. L’opération a aussi permis de former cinq agents de santé communautaire à la collecte numérique de données et deux étudiants de master. Ces résultats nourrissent dès aujourd’hui quatre des sept piliers du projet communal.

UNE DÉMARCHE SALUÉE PAR LE DÉPUTÉ-MAIRE
Adama Bictogo a salué la clarté de la présentation. « Je ressens une grande fierté lorsque je vois la compétence des Ivoiriens. C’est cela qui définit mon ADN », a-t-il déclaré. Évoquant l’essor de l’intelligence artificielle, il a ajouté : « Même l’IA n’a qu’une probabilité. Pour la transformer en fiabilité, il faut des données fiables. »
Le maire souhaite que l’analyse par classe d’âge et par quartier oriente la programmation budgétaire de la commune : construction de centres de santé et d’écoles, soutien aux personnes du troisième âge, aides aux familles vulnérables. «C’est cela, le professionnalisme, c’est cela, le modernisme», a-t-il affirmé. Il a par ailleurs appelé à revisiter la cartographie sanitaire appliquée à Yopougon, au regard de la forte densité de population de la commune.
Les deux responsables partagent un même constat. Pour le Professeur Zoueu, «dans cette ère, les données remplacent le pétrole. Nous avons l’expertise, nous avons le capital humain». Le député-maire a pour sa part reconnu que la commune manque aujourd’hui d’une base de référence pour orienter ses arbitrages : «Nous n’avons pas de données fiables capables de nous orienter», a-t-il souligné.

PROCHAINES ÉTAPES
Le maire a invité le CSRS à lui soumettre une proposition de convention comportant un volet juridique et un volet financier, afin que les travaux entrent dans le détail avant la fin du mois de novembre, à l’approche de la clôture des budgets, et que des commissions thématiques soient constituées. Le Professeur Zoueu a indiqué que les contributions recueillies au cours des échanges (agriculture urbaine, éducation, culture et sport, santé mentale) seront intégrées à la proposition finale. Saluant une démarche qui fait écho à sa volonté de promouvoir une «gouvernance augmentée», il a estimé que «la gouvernance, à notre époque, ne peut pas se faire autrement».
Le CSRS a formulé quatre requêtes à la mairie. Il souhaite d’abord que YopouLab soit inscrit au plan triennal 2027-2029, assorti d’une ligne budgétaire pour des enquêtes régulières. Il propose ensuite la signature d’une convention de partenariat associant la mairie, le CSRS, Swiss TPH et le CSM-YME. Il sollicite en outre la mise à disposition de moyens existants, notamment une salle de réunion et une facilitation auprès des chefs de quartier. Il demande enfin l’appui de la commune pour porter YopouLab à l’international, à travers le jumelage Bâle-Yopougon et des lettres de soutien lors des projets soumis aux bailleurs.
En retour, le CSRS s’engage à «remettre à la mairie des résultats réguliers, lisibles et utiles à la décision», et à associer ses services et les communautés à chaque étape.
Le maire a rappelé que la donnée doit servir un objectif de développement économique concret : « Les aménagements, c’est beau, mais il faut aussi manger : il faut créer la richesse. » Le directeur général du CSRS s’est dit prêt à avancer sans attendre : «Nous allons aller rapidement vers ce partenariat pour apporter à la commune notre expertise et notre accompagnement.»

Sercom de la mairie de Yopougon