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JOJ Dakar 2026 : Un bilan d’étape encourageant pour la première olympiade africaine

Quatre jours après la cérémonie d’ouverture du 31 octobre au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 tiennent leurs promesses. Premier événement olympique jamais organisé sur le sol africain, cette 4e édition d’été (après Singapour 2010, Nankin 2014 et Buenos Aires 2018) rassemble environ 2 650 athlètes de 14 à 17 ans, issus de 204 comités nationaux olympiques et d’une équipe olympique des réfugiés, pour 153 épreuves dans 25 sports de compétition.

Organisation et ambiance : le test réussi


Les infrastructures, livrées à 100 % selon le président du COJOJ Mamadou Diagna Ndiaye, fonctionnent. Le village olympique de Diamniadio, installé sur le campus de l’Université Amadou Mahtar Mbow, accueille les délégations dans de bonnes conditions. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, et les organisateurs ont salué son fonctionnement, la qualité de l’hébergement et de la restauration, malgré quelques ajustements mineurs rapidement corrigés (énergie notamment).

Les sites répartis entre Dakar (Tour de l’Œuf, stade Iba Mar Diop, Corniche Ouest), Diamniadio (Dakar Arena, Expo Center, stade Abdoulaye Wade, centre équestre) et Saly (sports de plage) ont accueilli sans incident majeur les premières compétitions. Six mille volontaires du programme Jambaar26 accompagnent l’événement. L’ambiance teranga, la présence du public et les cérémonies de remise de médailles traduisent l’enthousiasme local.


Sport : les premiers podiums et la montée en puissance africaine


Après trois journées de compétition (au 3 novembre), 107 médailles avaient déjà été distribuées (33 or, 33 argent). La Chine et le Japon se partagent la tête du tableau provisoire avec quatre titres chacun. La Russie, la Nouvelle-Zélande et l’Égypte suivent.

L’Afrique a marqué des points. L’Égypte s’est illustrée avec l’or de Zain Ali sur 100 m papillon (premier titre africain) et des médailles en wushu et judo. L’Afrique du Sud a brillé en rugby à 7 et en aviron de mer beach sprint. Le Kenya a remporté l’or en rugby à 7 féminin. Le pays hôte a ouvert son compteur grâce au judoka Matar Diop, médaillé de bronze en -66 kg.

La France a décroché l’or en rugby à 7 masculin (victoire 26-19 contre l’Afrique du Sud) et le bronze en aviron de mer beach sprint double mixte avec Raphaël de Boussac et Elisa Guilloton. Des disciplines nouvelles aux JOJ (baseball5, wushu taolu, aviron de mer beach sprints) ont livré leurs premiers champions, confirmant le caractère innovant du programme.


Héritage et défis


Au-delà des podiums, Dakar 2026 mise sur l’héritage : rénovation d’équipements existants plutôt que constructions pharaoniques, village olympique destiné à redevenir un campus universitaire, programme éducatif ayant déjà touché plus d’un million d’élèves sénégalais, billets solidaires et engagement communautaire. La parité totale (athlètes, sports, épreuves) et la première équipe olympique des réfugiés aux JOJ renforcent la dimension symbolique.
Des tensions budgétaires et des restrictions de circulation temporaires rappellent que l’organisation d’un tel événement dans un contexte économique contraint n’est pas sans défis. Mais à mi-parcours, le bilan sportif, organisationnel et humain reste largement positif.
Les compétitions se poursuivent jusqu’au 13 novembre. Les épreuves d’athlétisme, de basket 3×3, de beach handball, de breaking et bien d’autres restent à venir. L’Afrique a déjà prouvé qu’elle pouvait accueillir les Jeux. Il reste maintenant à écrire la suite de l’histoire.

Bambara Soudan