Mme Inès Miranda Navarro, conseillère chargée de la politique territoriale et du paysage au Cabildo de Gran Canaria, est mise en cause dans la gestion des marchés publics liés aux «Journées du paysage» organisées entre 2016 et 2019. Elle est poursuivie pour prévarication, détournement de fonds publics et fraude à l’administration. Selon les éléments examinés par le parquet chargé de la lutte contre la corruption, elle encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une interdiction d’exercer une fonction publique pendant dix ans.
Les faits retenus portent sur des irrégularités dans l’attribution des marchés, sur des
transferts financiers vers des sociétés privées et sur le rôle de l’intéressée dans les procédures concernées. Le dossier relève notamment un contournement des règles de concurrence par le fractionnement des marchés en plusieurs prestations de faible montant, ce qui a favorisé leur attribution directe sans appel d’offres public. Il mentionne aussi le recours à des sociétés intermédiaires afin de masquer les bénéficiaires effectifs des marchés et d’éluder les règles relatives aux conflits d’intérêts.
Les mouvements financiers identifiés comprennent 44.503,75 euros versés à «Imaco 89 » sur les 67.217,40 euros payés par le Cabildo à l’ « Instituto Canario de Telecomunicaciones » pour les éditions de 2016 à 2018, ce qui représente environ 66 % des sommes perçues par cet organisme. Un reversement de 14.924,24 euros à «Imaco 89» est également relevé sur les 14.950 euros versés à «Yedra Comunicación» pour l’édition de 2019, soit près de 99,8 % du montant initial. D’autres reversements provenant d’entreprises prestataires, pour un total de 15.995,79 euros, sont aussi signalés au profit d’ «Imaco 89», avec 5.992 euros d’ «Acontrafibra», 4.998,29 euros de « Daute Diseño », 2.662,50 euros de «Gráficas Atlanta» et 2.343 euros de «Red de Comunicación Grafica».
Le dossier soulève en outre des questions sur l’affectation des parrainages, estimés à au moins 11.000 euros sur plusieurs éditions et apportés par «Grafcan», «Red Eléctrica» et «Canaragua». Il relève l’établissement de contrats en doublon et des démarches
administratives engagées après coup, certaines formalités ayant été accomplies après la tenue des événements ou à leur terme. Un conflit d’intérêts impliquant l’ancien auditeur public est également retenu, son épouse ayant bénéficié indirectement de marchés soumis au contrôle de celui-ci. L’instruction judiciaire retient que Mme Inès Miranda Navarro aurait participé à des
concertations préalables sur la désignation des organisateurs et signé les contrats concernés en qualité d’autorité adjudicatrice et de responsable des autorisations de paiement, tout en connaissant le conflit d’intérêts lié à l’ancien auditeur public et à son épouse.
Les personnes citées dans la procédure mentionnent également M. Rafael Luis Pedroso Manchado, présenté comme ancien responsable de la politique territoriale, et M. Víctor Manuel Quevedo Domínguez, présenté comme ancien directeur du développement stratégique du plan insulaire et des services administratifs. Tous deux sont exposés à cinq ans de prison et dix ans d’interdiction d’exercer une fonction publique. Mme María Ángeles Horra Andrade, administratrice d’ «Imaco 89 », figure parmi les personnes concernées avec la même exposition
pénale. M. Michel Jorge Millares, administrateur unique de l’ « Instituto Canario de Telecomunicaciones », est présenté comme exposé à cinq ans de prison et six ans d’interdiction.
Mme Mónica del Pino Torres Rodríguez, directrice exécutive de « Yedra Comunicación », est mentionnée avec trois ans de prison et trois ans d’interdiction. M. Juan José Sánchez Arencibia, ancien auditeur public général du « Cabildo » et époux de Mme María Ángeles Horra Andrade, est présenté avec deux ans de prison, une amende de 10.950 euros et sept ans d’interdiction d’exercer une fonction publique.
Cette affaire s’inscrit dans le prolongement de l’affaire « Infravest », du détournement
de fonds attribué à la séparatiste Mme Fatima Mahfoud en Italie et de l’affaire «Ibiza» relative à la falsification de documents. En outre, les liens de Mme Inès Miranda Navarro avec le Polisario, par l’entremise de la séparatiste Mme Aminatou Haidar et d’associations séparatistes canariennes, sont mobilisés pour évoquer le rôle du Polisario dans cette affaire. Partant de cette lecture, le Polisario est présenté comme une structure de façade susceptible de faciliter des opérations de blanchiment d’argent et comme l’un des piliers et bénéficiaires d’un réseau de détournements de fonds.
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