À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné, a livré jeudi 24 septembre 2026 un discours dense et engagé au nom du Président Alassane Ouattara. Devant les représentants des 193 États membres, il a exposé la position d’Abidjan face aux fractures du système international et formulé des appels concrets pour la paix, la sécurité et un développement plus équitable.
La session se tient sous le thème « Restaurer la confiance, accompagner les transformations : une Organisation des Nations unies au service de tous ». Dans un contexte qu’il a qualifié de « très préoccupant », marqué par une « fracture multilatérale » et une « fragmentation progressive de l’architecture de la paix », le Vice-Président ivoirien a insisté sur l’urgence de privilégier le dialogue et de « faire renaître la confiance ».
Restaurer la confiance et prévenir les crises
« La confiance dans les institutions internationales se mesure à leur capacité à traduire en actes concrets l’universalité de leurs principes et à traiter chaque État, grand ou petit, avec la même exigence d’équité », a déclaré Tiémoko Meyliet Koné. La confiance des peuples, a-t-il ajouté, « se nourrit de résultats tangibles, de la certitude que les décisions prises en leur nom servent effectivement leur sécurité, leur dignité et protègent leur avenir ».
Il a dressé un tableau sombre des crises africaines, citant notamment la situation « dramatique » dans l’est de la République démocratique du Congo et au Soudan, ainsi que la persistance de l’extrémisme violent, de la criminalité transnationale organisée et des trafics illicites, particulièrement au Sahel. Plusieurs pays africains, a-t-il noté, peinent à trouver des solutions durables aux conflits et à financer seuls les opérations de lutte antiterroriste et de maintien de la paix, faute de soutien suffisant de certains partenaires et des Nations unies.
Le Vice-Président a salué la coopération entre l’ONU, l’Union africaine, la CEDEAO et les partenaires de sécurité engagés dans la stabilisation de la région. Mais il a plaidé pour que ces institutions deviennent « plus représentatives, plus inclusives et davantage en phase avec les exigences de notre temps».
Réforme du Conseil de sécurité et de l’architecture financière
Tiémoko Meyliet Koné a réaffirmé le soutien de la Côte d’Ivoire à une « réforme ambitieuse » du Conseil de sécurité afin d’assurer à l’Afrique une représentation permanente. « Une tâche immense attend le prochain Secrétaire général des Nations unies », a-t-il souligné, soulignant la nécessité de redynamiser un multilatéralisme dont le recul frappe de plein fouet le continent africain.
Sur le front du développement, le Vice-Président a appelé à une réforme tout aussi ambitieuse de l’architecture financière internationale. Les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs de développement durable restent insuffisants, a-t-il rappelé, alors que les besoins de financement sont considérables. Les pays en développement doivent bénéficier d’un accès plus juste aux ressources nécessaires pour financer les infrastructures, la santé, l’éducation, l’énergie et la création d’emplois décents pour les jeunes.
Climat et trajectoire nationale
Abordant la question climatique, Tiémoko Meyliet Koné a rappelé que l’Afrique contribue le moins aux émissions de gaz à effet de serre tout en figurant parmi les régions les plus durement touchées par leurs conséquences. Il a insisté sur l’impératif d’honorer les engagements internationaux en matière de financement climatique, d’adaptation et de transfert de technologies.
Pour sa part, la Côte d’Ivoire poursuit, sous le leadership du Président Alassane Ouattara, sa marche vers une économie plus forte et plus diversifiée, tout en garantissant la paix et la stabilité. Cette ambition s’incarne dans le Plan national de développement 2026-2030, aligné sur l’Agenda 2030 des Nations unies et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Un message de responsabilité collective
En représentant le chef de l’État à New York, Tiémoko Meyliet Koné a inscrit la Côte d’Ivoire dans la lignée des pays africains qui, lors de cette 81ᵉ session, défendent une gouvernance mondiale plus inclusive et des partenariats renouvelés. Son intervention s’inscrit dans un moment diplomatique dense, marqué par la présence d’environ 130 chefs d’État et de gouvernement.
Le Vice-Président a conclu en appelant à un partenariat mondial plus juste et plus efficace, capable de traduire les principes de la Charte des Nations unies en résultats concrets pour les peuples. Un message clair : face aux fractures actuelles, seule une action collective ambitieuse et équitable permettra de restaurer la confiance et d’accompagner les transformations nécessaires.
Stéphane Badobré




