Dans les moments sensibles de la vie politique, beaucoup parlent. Peu servent. Et pourtant, ce sont toujours les mêmes principes, forgés par l’histoire et éprouvés par le temps, qui maintiennent l’État debout et permettent à la Nation de demeurer rassemblée autour d’un destin commun, au-delà des circonstances et des passions passagères.
La loyauté envers l’État n’est ni une posture ni un slogan. Elle relève d’une discipline intérieure et d’un sens élevé de la responsabilité. Elle ne s’exprime ni dans l’agitation ni dans la surenchère, mais dans la constance, la retenue et le respect scrupuleux des institutions républicaines. Elle consiste à faire primer la République, ses valeurs, ses lois et ses engagements, sur les intérêts particuliers, les calculs immédiats et les émotions du moment.
Servir l’État, c’est accepter que l’action publique s’inscrive dans le temps long, celui où la responsabilité prévaut sur l’impatience et où la stabilité constitue une condition essentielle du progrès. C’est comprendre que la solidité d’un pays repose à la fois sur la continuité de l’action publique et sur la capacité à s’améliorer sans rupture. La loyauté n’exclut ni la lucidité ni l’exigence. Elle permet au contraire de corriger avec méthode, de réformer avec mesure et de préserver l’essentiel, parce que l’État dépasse toujours les mandats, les personnes et les conjonctures.
Dans un contexte où le peuple attend des résultats concrets et durables, la loyauté devient une compétence politique à part entière. Elle se traduit par le travail rigoureux, la parole mesurée et le sens de la limite. Les Ivoiriens n’attendent pas des responsables qu’ils parlent plus fort, mais qu’ils agissent avec justesse, dans le respect de l’État de droit, des institutions et des engagements pris devant la Nation.
L’État n’a pas besoin de fidélités démonstratives. Il a besoin de femmes et d’hommes capables de servir sans se mettre en avant, de protéger les institutions sans les instrumentaliser et de contribuer à l’efficacité collective sans rechercher la lumière. Cette loyauté est aussi un engagement moral envers les citoyens, qui sont en droit d’attendre de leurs responsables publics dignité, intégrité, constance et sens du bien commun.
Lorsque la loyauté guide l’action publique, la confiance se construit. Et lorsque la confiance s’installe, la paix se consolide durablement. Les Nations solides avancent ainsi, non dans la confrontation permanente, mais dans la responsabilité partagée, la modération et la volonté commune de préserver ce qui unit.
La Côte d’Ivoire a besoin de continuité, de sérieux et d’engagement discret. La loyauté envers l’État n’est pas une faiblesse. Elle est une force tranquille, une assise républicaine durable, celle qui prépare l’avenir avec calme, méthode et solidité, en tenant ensemble la paix, la justice et la cohésion nationale.
Abidjan, le 7 janvier 2026
Yaya Fofana
Président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA)































