L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’apprête à adopter en 2027 une stratégie régionale commune sur l’intelligence artificielle (IA) afin de combler son retard technologique et d’éviter la fragmentation des initiatives nationales au sein de ses États membres, a-t-on appris auprès de la Commission de l’Union.
L’organisation régionale, qui regroupe huit pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), constate une nette marge de progression sur le plan mondial. Selon le rapport 2025 d’Oxford Insights (Government AI Readiness Index), la moyenne de l’indice de préparation à l’IA des États membres s’établit à 31,50/100, contre une moyenne mondiale de 47/100. Si le Sénégal (46,10, 97ᵉ mondial) et le Bénin (34,00, 89ᵉ) tirent leur épingle du jeu, des pays comme le Niger (26,00, 186ᵉ) ou la Guinée-Bissau (23,50, 194ᵉ) accusent un retard important.
Alors que plusieurs pays ont déjà adopté des stratégies nationales (Bénin et Sénégal en 2023, Côte d’Ivoire en 2025, Burkina Faso en 2026), la Commission de l’UEMOA entend harmoniser les politiques communautaires autour de quatre piliers fondamentaux. D’abord, la Gouvernance, éthique et régulation : protection des données à caractère personnel, préservation de la vie privée, promotion des langues africaines et priorité accordée à l’emploi des jeunes et des femmes. Ensuite, les Infrastructures et services : développement de centres de calcul régionaux (Cloud souverain), d’outils d’Open Data et d’interopérabilité des systèmes. Puis, le Capital humain : création de diplômes spécialisés (Masters, Doctorats) et mise à niveau des programmes scolaires pour anticiper les métiers de demain. Enfin , l’Innovation ainsi que la souveraineté : incitations fiscales pour les startups, partenariats internationaux de transfert technologique et financements dédiés pour lutter contre la fuite des cerveaux.
Parmi les domaines prioritaires identifiés par l’Union figurent l’agriculture (optimisation des rendements et gestion des risques climatiques), la santé (télémédecine, épidémiologie et logistique pharmaceutique), l’éducation (apprentissage adaptatif), l’administration publique, la fiscalité et la sécurité.
Sur le plan de la gouvernance du projet, le cadre opérationnel comprendra la création d’un Comité régional de pilotage sous l’autorité de la Commission, des points focaux ministériels dans chaque État, une Académie régionale de l’IA adossée à un réseau de chaires universitaires, ainsi qu’un Fonds régional d’innovation.
Le recrutement du cabinet d’études chargé d’élaborer le plan d’actions chiffré a franchi une étape décisive avec l’ouverture des plis intervenue le 11 septembre 2026. La validation de l’étude est attendue à la fin de l’année 2026, préalable à l’adoption formelle de la stratégie communautaire programmée pour 2027.




