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Ouverture de l’ENS à Bouaké : la fausse note d’une voie d’accès poussiéreuse

L’ouverture officielle de l’antenne de l’École normale supérieure (ENS) à Bouaké le lundi 14 septembre 2026 constitue un événement majeur pour la ville. En effet, soixante-deux ans après la création de l’ENS à Abidjan, en 1964, l’institution s’installe enfin dans la deuxième grande ville universitaire du pays. Une implantation qui fut accueillie avec satisfaction et fierté par les populations, les élèves et les étudiants. Mais une fausse note vient quelque pe deu ternir cette belle réalisation. Il s’agit de la voie d’accès à l’établissement qui demeure poussiéreuse.

Une belle infrastructure…

Implantée sur quatre hectares au sein de l’Université Alassane Ouattara, Campus 2, l’ENS de Bouaké est réalisée dans le cadre du projet « Compétences pour l’employabilité » du Compact Côte d’Ivoire, avec l’appui du Millennium Challenge Corporation (MCC) et du Millennium Challenge Account (MCA). La cérémonie d’inauguration, placée sous le thème « Enseignement supérieur et recherche scientifique, moteur du développement industriel de la Côte d’Ivoire », fut présidée par le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, représenté par le ministre des transports et des affaires maritimes Amadou Koné. Plusieurs membres du gouvernement et présidents d’institutions ont pris part à l’événement, notamment le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Professeur Adama Diawara, le ministre des Eaux et Forêts et président du Conseil régional du Gbêkê, Jacques Assahoré Konan, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, Aka Aouélé, ainsi que le directeur général de l’ENS d’Abidjan, Professeur Bamory Kamagaté.
Pour les populations de Bouaké, cette implantation est bien plus qu’une simple infrastructure universitaire. Elle marque une nouvelle étape dans le développement de l’enseignement supérieur dans la région. « Nous sommes heureux de voir l’ENS arriver à Bouaké. Nos enfants n’auront plus forcément besoin de se rendre à Abidjan pour certaines formations liées à l’enseignement », se réjouit un parent d’élève. Même sentiment chez les étudiants. « C’est une fierté pour nous, étudiants de Bouaké. La présence de l’ENS renforce le statut de notre ville comme grand pôle universitaire », témoigne un étudiant de l’Université Alassane Ouattara. Un autre étudiant en lettres modernes, Stéphane Kouamé estime que cette implantation contribue à rapprocher les grandes écoles des jeunes de l’intérieur du pays. « C’est une opportunité pour les élèves et étudiants de Bouaké et des autres régions. Nous espérons que cette antenne va encore attirer d’autres grandes institutions », souligne-t-il. Cette satisfaction est également perceptible chez les enseignants et les acteurs du monde éducatif. Pour eux, l’arrivée de l’ENS à Bouaké participe au rééquilibrage de l’offre de formation supérieure entre Abidjan et les autres grandes villes du pays. Le directeur général de l’ENS d’Abidjan, Professeur Bamory Kamagaté, souligne d’ailleurs l’importance de cette nouvelle capacité d’accueil. « Cette infrastructure permettra, grâce au système de rotation pédagogique, d’accueillir un peu plus de 1500 élèves-professeurs par an à Bouaké. Avec l’antenne de San Pedro, l’établissement devrait ainsi augmenter ses capacités de formation de près de 3 000 élèves-professeurs annuellement. », indiqua Bamory Kamagate.
L’infrastructure, un joyau architectural comprend un amphithéâtre de 650 places, 11 salles de travaux dirigés de 60 places chacune, quatre salles informatiques, ainsi que des laboratoires de physique, de chimie, de Sciences de la vie et de la Terre (SVT) et de langues.
Elle dispose également de 15 bureaux administratifs et pédagogiques, d’une salle de réunion, d’une bibliothèque et d’un restaurant. Un ensemble qui devrait améliorer les conditions de formation des futurs enseignants.

La fausse note… une voie toujours poussiéreuse

Si l’ouverture de l’ENS suscite fierté et enthousiasme, un détail ne passe pas inaperçu chez les usagers. Il s’agit de la voie qui dessert l’établissement. Elle n’est pas bitumée. C’est un tronçon d’environ un kilomètre reliant le boulevard Reine Pokou à l’avenue du Camp Commando. Cette voie constitue l’un des principaux accès à l’antenne de l’ENS et au Campus 2 de l’Université Alassane Ouattara. A la veille de l’inauguration, l’axe a fait l’objet d’un reprofilage. Mais cette intervention n’a pas réglé la question de fond. Les usagers continuent de constater une voie poussiéreuse, particulièrement lorsque les véhicules y circulent. « Nous sommes fiers d’avoir l’ENS ici, mais il faut que l’environnement immédiat soit à la hauteur de cette infrastructure », fait remarquer un usager. Pour les riverains et les étudiants, le bitumage de ce tronçon constituerait un prolongement logique de l’investissement réalisé. Une infrastructure universitaire moderne mérite, selon eux, une voie d’accès praticable et durable. L’arrivée de l’ENS à Bouaké est donc saluée comme une avancée importante, 62 ans après la création de l’institution à Abidjan. Reste désormais à corriger cette fausse note. Il faut offrir à cette école prestigieuse une voie d’accès à la hauteur de son importance pour la formation des enseignants et pour le rayonnement universitaire de Bouaké.

Alla Kouamé