Dans son discours sur l’état de l’union, la présidente de la Commission européenne a tenu des propos très fermes sur les frontières européennes mercredi 16 septembre à Strasbourg. Si les détails des mesures manquent, la tonalité d’Ursula von der Leyen est d’une grande fermeté, annonçant des contrôles renforcés aux frontières extérieures. En pleines tensions au sujet de la crise à Ceuta, elle estime que l’UE est « sur la bonne voie » avec une réduction des arrivées illégales de 55 % en deux ans et de 35 % rien que pour 2026.
Depuis fin juillet et l’arrivée massive de migrants à Ceuta, la question migratoire est à nouveau au centre du débat européen, comme l’ont montré les échanges très vifs entre eurodéputés la veille du discours de la présidente de l’exécutif européen.
La cheffe de l’exécutif européen propose alors un « cadre de réponse d’urgence aux crises migratoires ». Il répondrait notamment à des situations où « des mouvements de masse » aux frontières de l’Union européenne « sont orchestrés et utilisés comme arme », a précisé la dirigeante allemande lors de son discours de rentrée devant le Parlement européen à Strasbourg. « Les événements de cet été montrent que nos instruments doivent évoluer, en particulier pour les situations d’urgence. L’Europe a besoin des moyens de protéger ses frontières en permanence », a insisté Mme von der Leyen.
Sans en préciser les contours à ce stade, elle a souligné que ce mécanisme d’urgence ne serait « déclenché que sur la base d’un ensemble de critères strictement définis » avec une « flexibilité par rapport aux procédures standard » : une façon de dire que l’Union européenne va muscler les contrôles des migrants à ses frontières.
La réduction des arrivées de migrants annoncée par Ursula von der Leyen est avant tout destinée à se concilier sa propre famille politique, puisque le chef de file des conservateurs au Parlement européen estime que « l’arrêt de l’immigration illégale » est une priorité pour les citoyens, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.
Pour se concilier la gauche, Ursula von der Leyen annonce une initiative pour aider la jeunesse méditerranéenne qui a besoin « d’emplois, d’apprentissages ou de stages », mais la présidente de la Commission insiste surtout sur le renforcement de l’agence européenne Frontex de garde-côtes et de gardes-frontières. Celle-ci a pourtant été au cœur de très nombreuses polémiques et accusations.




