Au Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, ouvert mercredi 28 octobre 2026 dans le cadre du troisième sommet Russie-Afrique, le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, a plaidé pour une rupture claire avec le modèle extractif traditionnel. Coprésidant la séance plénière aux côtés de Vladimir Poutine, il a appelé à faire de l’Afrique un acteur à part entière de la production, de la transformation locale et de l’innovation.
«Les ressources naturelles de l’Afrique doivent bénéficier aux populations africaines et à leurs générations futures», a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de passer de l’exportation de matières premières brutes à la création de valeur ajoutée sur le continent. L’Afrique, a-t-il souligné, ne veut plus être seulement une source de ressources, mais un partenaire capable de participer pleinement aux chaînes de valeur, à l’innovation et à l’industrialisation.
Dans son intervention, le chef de l’État burundais a présenté les BRICS comme un levier stratégique de coopération. Il a notamment évoqué le développement de systèmes de paiement alternatifs et le financement de grandes infrastructures, des outils destinés à renforcer l’autonomie économique des pays africains dans un contexte international marqué par les tensions et les sanctions.
Évariste Ndayishimiye a également lancé un appel direct aux entreprises russes, les invitant à investir au Burundi dans plusieurs secteurs prioritaires : l’agriculture mécanisée, les mines, l’énergie, les infrastructures et la formation professionnelle. Cet appel s’inscrit dans la volonté affichée de diversifier les partenariats économiques du continent et de favoriser la transformation locale de ses ressources.
Le forum, qui réunit des délégations de 48 pays africains, dont une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, se poursuit jusqu’au 29 octobre. Les discussions portent sur le commerce, les investissements, l’énergie, la sécurité alimentaire, la santé et les technologies. Pour le président de l’Union africaine, l’enjeu est clair : transformer les déclarations d’intention en projets concrets ayant un impact réel sur les populations.
Stéphane Badobré




