Le roi Mohammed VI a prononcé vendredi 9 octobre 2026 un discours devant le Parlement, à l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la 12e législature. Il était accompagné du prince héritier Moulay El Hassan, du prince Moulay Rachid et du prince Moulay Ahmed.
Un mandat « tournant ». Le souverain a félicité les députés pour la confiance des électeurs et estimé que la mandature s’ouvre dans une conjoncture exceptionnelle, riche en opportunités à saisir. Il attend de ce mandat qu’il permette au Maroc de poursuivre son ambition de puissance économique émergente, tout en conciliant croissance et justice sociale et spatiale.
De nouvelles stratégies. Le roi a appelé à lancer une nouvelle génération de grandes stratégies : sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, émergence industrielle, économie numérique et intelligence artificielle. Il a aussi demandé d’accélérer la constitution de réserves stratégiques et a exhorté le secteur privé à se montrer plus entreprenant, notamment pour créer des emplois et accroître investissement et exportations.
Jeunesse et régions. La jeunesse doit être placée en tête des politiques publiques, avec une vision intégrée couvrant éducation, qualification et insertion économique. Le roi a insisté sur l’action territoriale et jugé intolérable tout retard dans la mise en œuvre de la Charte de la déconcentration, avec transfert de compétences et de moyens vers les provinces et les régions. Il a aussi demandé de clarifier les compétences des régions et de renforcer leurs moyens.
Migration : un modèle de coopération « à bout de souffle ». Le roi a estimé que le modèle actuel de coopération sur la migration a atteint ses limites, comme l’attestent les crises récurrentes. Il a cité l’Espagne, dont le partenariat avec le Maroc a progressé mais se heurte, selon lui, à des dispositions légales dépassées et à des décisions judiciaires éloignées de la réalité, qui entravent le rapatriement de mineurs et de personnes usurpant le statut de réfugié. Dénonçant des déclarations irresponsables dans certains milieux politiques et médiatiques, il a affirmé que le partenariat est un choix souverain, qui ne saurait faire l’objet d’aucune pression ni d’aucun chantage. Le Maroc présentera à ses partenaires un document exposant une vision stratégique axée sur le co-développement, la compétitivité économique et la stabilité régionale.
Appel aux parlementaires. Le roi a conclu en rappelant que le mandat parlementaire est un engagement politique et un contrat moral envers les citoyens, appelant les élus à être à la hauteur de cette responsabilité.
Stéphane Badobré




