La nomination de Mme Fatima Ezzahra El Mansouri comme Cheffe du gouvernement marocain, annoncée le 29 septembre 2026, s’inscrit dans le cadre de la politique d’émancipation des femmes conduite depuis l’accession au Trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 1999. Cette décision intervient après la victoire du Parti Authenticité et Modernité aux élections législatives du 23 septembre 2026. Dès lors, elle constitue un indicateur de l’évolution de la représentation des femmes dans les institutions marocaines.
En effet, cette dynamique s’est notamment traduite par la réforme de la Moudawana en 2004. Cette réforme a introduit la responsabilité conjointe des époux dans la gestion de la famille et fixé l’âge légal du mariage à 18 ans pour les deux sexes. Elle a également renforcé l’encadrement de la polygamie, élargi les possibilités de divorce et permis à la femme majeure de contracter elle-même son mariage.
Par ailleurs, la réflexion sur une nouvelle réforme de la Moudawana s’inscrit dans la poursuite de cette évolution, avec des enjeux liés à l’égalité, à la protection de l’enfance et à la sécurité juridique des familles.
En outre, la présence des femmes dans la diplomatie et les hautes fonctions de l’État constitue un autre indicateur de cette progression. Sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, plusieurs femmes ont accédé à des postes diplomatiques de premier plan, notamment Mounia Boucetta, Nabila Freidji, Bouchra Kadiri Boudchich, Wissane Zailachi et Nezha Alaoui M’Hamdi. De plus, la nomination de Zoulikha Nasri comme conseillère du Roi constitue un repère dans l’accès des femmes aux plus hautes sphères de décision. L’accès aux fonctions de wali et aux responsabilités territoriales participe également de cette évolution institutionnelle.
En conséquence, l’émancipation des femmes peut être appréciée à travers trois dimensions
complémentaires : l’émancipation juridique, l’émancipation politique et institutionnelle, ainsi que l’émancipation économique et sociale. La nomination de Mme El Mansouri à la tête du gouvernement traduit la dimension politique et institutionnelle de cette dynamique. Toutefois, son approfondissement dépendra de la mise en œuvre effective des droits, de l’égalité des chances et de l’élargissement de l’accès des femmes aux responsabilités dans l’ensemble du territoire national. En définitive, cette nomination constitue une étape supplémentaire dans une évolution engagée depuis 1999, dont la portée sera confirmée par les actes du nouvel exécutif.
Accueil International La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri : Continuité de l’émancipation des...




